05 janvier 2013
Compte tenu de l'état de guerre et la violence généralisée
- Le tribunal juge aussi qu’ils n’ont pas prouvé qu’ils avaient fait de sérieux efforts de recherche de protection de l’État, là-bas, avant de chercher asile ailleurs. Elle conclut également que subsistent des régions du Mexique, par exemple en Baja California, où les demandeurs « pourraient vivre en sécurité ».
(Marie-Andrée Chouinard, dans Le Devoir du 3 janvier 2013.)
Le tribunal juge aussi qu’ils n’ont pas prouvé qu’ils avaient fait de sérieux efforts pour obtenir la protection de l’État, là-bas, avant de chercher asile ailleurs. Il conclut également que subsistent des régions du Mexique, par exemple en Baja California, où les demandeurs « pourraient vivre en sécurité ».
- Au cours des prochaines semaines, l’organisme Mexicains unis pour la régularisation (MUR) présentera le cas de cinq autres familles mexicaines vivant elles aussi sous le coup d’un ordre d’expulsion. Ils estiment que compte tenu de « l’état de guerre au Mexique et la violence généralisée de la criminalité organisée », le Canada devrait décréter un moratoire sur les expulsions de ces citoyens sans papiers.
On ne peut pas modifier la citation en ajoutant le de dont on aurait besoin devant le second complément introduit par compte tenu de (à moins d'insérer la préposition entre crochets), mais on peut changer la locution prépositive, celle-ci ne faisant pas partie de la citation :
Au cours des prochaines semaines, l’organisme Mexicains unis pour la régularisation (MUR) présentera le cas de cinq autres familles mexicaines vivant elles aussi sous le coup d’un ordre d’expulsion. Il estime qu'étant donné « l’état de guerre au Mexique et la violence généralisée de la criminalité organisée », le Canada devrait décréter un moratoire sur les expulsions de ces citoyens sans papiers.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« Toujours l’espoir, malgré l’avis d’expulsion » : http://www.ledevoir.com/politique/canada/367522/toujours-...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
06:29 Publié dans On ne se relit jamais trop, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
04 janvier 2013
La police font pression
- Quand les femmes osent dénoncer leurs agresseurs, la police refuse souvent d'enregistrer leur plainte et font pression sur les victimes pour qu'elles concluent une entente avec les violeurs.
(AP dans le site du Devoir, le 3 janvier 2013 à 16 h 23.)
Quand les femmes osent dénoncer leurs agresseurs, la police refuse souvent d'enregistrer leur plainte et fait pression sur les victimes pour qu'elles concluent une entente avec les violeurs.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« Cinq hommes passibles de la peine de mort pour le viol de "la fille de l'Inde" » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internat...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
00:37 Publié dans On ne se relit jamais trop, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
03 janvier 2013
N'eut été le souci constant...
- N'eut été le souci constant des journalistes de dénoncer le coquin, pour reprendre la belle expression d'Henri Bourassa, bien des gens auraient continué de mener leurs magouilles à l'abri de tout souci.
(Josée Boileau, dans Le Devoir du 18 avril 2012.)
On écrit n'eût été, avec un accent circonflexe sur le u. Dans cette expression, on peut considérer le verbe être comme un plus-que-parfait du subjonctif ou un conditionnel passé deuxième forme.
Dans un autre ordre d'idées, il me paraîtrait souhaitable d'éviter la répétition :
N'eût été le souci constant des journalistes de dénoncer le coquin, pour reprendre la belle expression d'Henri Bourassa, bien des gens auraient continué de mener leurs magouilles en toute tranquillité [ou en toute quiétude].
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« Opération Gravier – Un premier grand coup » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/347671/operation...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
13:17 Publié dans On ne se relit jamais trop, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
02 janvier 2013
La présidence du BAPE, qu'il avait décliné
- Dans les années 1990, le ministre libéral de l'époque, Pierre Paradis, lui avait offert la présidence du BAPE, qu'il avait décliné. Mais aujourd'hui, il dit avoir eu envie d'un « nouveau défi » après plus de trente de vie journalistique.
(Jessica Nadeau dans le site du Devoir, le 14 novembre 2012 à 17 h 57.)
Le participe passé employé avec l'auxiliaire avoir s'accorde avec le complément d'objet direct, si celui-ci précède le verbe. Il avait décliné quoi? La présidence :
Dans les années 1990, le ministre libéral de l'époque, Pierre Paradis, lui avait offert la présidence du BAPE, qu'il avait déclinée. Mais aujourd'hui, il dit avoir eu envie d'un « nouveau défi » après plus de trente ans de vie journalistique.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« Louis-Gilles Francœur est nommé vice-président du BAPE » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/363942/daniel-br...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
04:54 Publié dans On ne se relit jamais trop, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
01 janvier 2013
Sujet implicite du verbe à l'infinitif
Sujet implicite du verbe à l'infinitif, sujet implicite de l'infinitif; grammaire française; syntaxe.
- Fin septembre, l’étude a fait la une de nombreux journaux dans le monde, y compris ici, sans toutefois la soumettre à des tiers critiques.
(Stéphane Baillargeon, dans Le Devoir du 12 novembre 2012.)
On cherche en vain, dans la phrase ci-dessus, le nom ou le pronom qui serait le sujet implicite de l'infinitif. Je proposerais :
Fin septembre, l’étude a fait la une de nombreux journaux dans le monde, y compris ici, sans toutefois avoir été soumise à des tiers critiques.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« Médias – Le panurgisme médiatique » : http://www.ledevoir.com/societe/medias/363720/medias-le-p...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
05:49 Publié dans On ne se relit jamais trop, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
31 décembre 2012
L'UPAC est-elle digne de faire affaire avec l'État?
Celle-ci; antécédent du démonstratif.
- C’est à l’UPAC [Unité permanente anticorruption] qu’incombera la charge d’enquêter sur les antécédents des actionnaires et administrateurs des entreprises. Le commissaire associé aux vérifications de l’UPAC rendra un avis à l’AMF, qui décidera si celle-ci est digne de faire affaire avec l’État.
(Jessica Nadeau, dans Le Devoir du 2 novembre 2012.)
En dépit de ce qu'on pourrait croire, l'AMF n'aura pas à décider si l'UPAC, c'est-à-dire l'Unité permanente anticorruption, est digne de faire affaire avec l'État; elle devra plutôt juger de l'intégrité des entreprises candidates, après des vérifications effectuées par l'UPAC. Le problème, c'est que le pronom celle-ci, féminin singulier, ne peut renvoyer qu'au nom féminin singulier qui précède.
Je proposerais :
C’est à l’UPAC qu’incombera la charge d’enquêter sur les antécédents des actionnaires et administrateurs des entreprises. Le commissaire associé aux vérifications de l’UPAC rendra un avis à l’AMF, qui décidera si telle entreprise est digne de faire affaire avec l’État.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« L’UPAC et l’AMF désignées pour assainir l’octroi des contrats publics » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/363023/l-upac-et...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
05:55 Publié dans On ne se relit jamais trop, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
29 décembre 2012
Pression et dépressions
- Voilà qu’une mère surarmée contre quelque apocalypse aura déclenché sa propre mort, de la main de son fils, et celle de nombreux d’enfants.
(Jean-Claude Leclerc, dans Le Devoir du 24 décembre 2012.)
... et celle de nombreux enfants.
- Le stress engendré par l’action militaire ou par la pression du travail est à l’origine de bien des dépressions pouvant donner lieu à des suicides ou à des homicides.
Il me semblerait souhaitable d'éviter la répétition. Je suggérerais :
Le stress engendré par l’action militaire ou par les exigences du travail est à l’origine de bien des dépressions pouvant donner lieu à des suicides ou à des homicides.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« Massacre à Newtown – L’Amérique en quête d’explications » : http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/36708...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
03:14 Publié dans On ne se relit jamais trop, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
28 décembre 2012
Ils se sont aliénés les Hispaniques, les femmes et les jeunes
S'aliéner quelqu'un; accord du participe passé du verbe pronominal; grammaire française; orthographe d'accord.
- C’est confirmé, calculé et d’ores et déjà médité : Mitt Romney et bien des candidats républicains au Sénat ont mordu la poussière parce qu’ils se sont aliénés, dans l’ordre d’importance numérique, les Hispaniques, les femmes et les jeunes.
(Serge Truffaut, dans Le Devoir du 8 novembre 2012.)
Lorsque le verbe pronominal a un complément d'objet direct (c.o.d.), c'est toujours avec ce complément, s'il précède le verbe, que s'accorde le participe passé; si le c.o.d. vient après le verbe, le participe demeure invariable. On pose la question comme si l'on avait l'auxiliaire avoir. Ils ont aliéné qui? Les Hispaniques, les femmes et les jeunes. Les c.o.d. étant placés après le verbe, le participe doit rester invariable :
C’est confirmé, calculé et d’ores et déjà médité : Mitt Romney et bien des candidats républicains au Sénat ont mordu la poussière parce qu’ils se sont aliéné, dans l’ordre d’importance numérique, les Hispaniques, les femmes et les jeunes.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« Parti républicain – La guerre sourde » : http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/363386/l...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
05:54 Publié dans Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
27 décembre 2012
Diagnostiquer quelqu'un, être diagnostiqué de la leucémie
Diagnostiquer quelqu'un de quelque chose; diagnostiquer une maladie; grammaire française; syntaxe.
- Pagano, qui célébrerait le lendemain son 52e anniversaire de naissance, serait absent pour une période indéterminée. Il avait été diagnostiqué de la leucémie et avait subi cinq jours plus tôt un premier traitement de chimiothérapie.
(Jean Dion, dans Le Devoir du 27 décembre 2012.)
D'après ce que je vois dans les dictionnaires généraux que j'ai sous la main (et comme je l'ai déjà signalé), on ne diagnostique pas quelqu'un, mais plutôt une maladie, une tendance ou un état psychologique :
Diagnostiquer une typhoïde. (Petit Robert.)
Elle a diagnostiqué une grippe. (Multidictionnaire.)
Le médecin a diagnostiqué une pneumonie. (Lexis.)
Les familles devaient obligatoirement déclarer les cas diagnostiqués par le médecin. (Camus, dans le Trésor de la langue française informatisé; l'exemple suit la définition « Identifier, déterminer [une maladie] par ses symptômes ».)
La maladie est encore trop souvent diagnostiquée à un stade avancé et donc inopérable. (Quillet, dans le Trésor.)
Il ne faut pas diagnostiquer une tendance schizoïde chaque fois que l'aspiration à la solitude dépasse la moyenne. (Mounier, dans le Trésor.)
On aurait pu écrire :
Pagano, qui célébrerait le lendemain son 52e anniversaire de naissance, serait absent pour une période indéterminée. On lui avait diagnostiqué une leucémie et il avait subi cinq jours plus tôt un premier traitement de chimiothérapie.
Pagano, qui célébrerait le lendemain son 52e anniversaire de naissance, serait absent pour une période indéterminée. Il était atteint de la leucémie et avait subi cinq jours plus tôt un premier traitement de chimiothérapie.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« C’est du sport! – Il allait revenir » : http://www.ledevoir.com/sports/actualites-sportives/36717...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
12:07 Publié dans Cultiver le doute, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
26 décembre 2012
Ils semblent à moins y penser
- Pendant ce joyeux tintamarre, joueurs et partisans semblent ne plus penser au 7 septembre 2011. Ou à moins y penser.
(François Gagnon, dans La Presse du 27 octobre 2012.)
Joueurs et partisans semblent ne plus penser au 7 septembre 2011, ou ils semblent moins y penser. Rien ne justifie l'emploi de la préposition à :
Pendant ce joyeux tintamarre, joueurs et partisans semblent ne plus penser au 7 septembre 2011. Ou moins y penser.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« Tragédie du Lokomotiv : le devoir de mémoire » : http://www.lapresse.ca/sports/hockey/a-la-decouverte-de-l...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
04:14 Publié dans On ne se relit jamais trop, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
25 décembre 2012
Embarassant
Embarassant, embarrassant; orthographe.
- Ce pardon pontifical met fin à un chapitre embarassant et douloureux pour le Vatican.
(PC dans le site du Devoir, le 22 décembre 2012 à 9 h 30.)
On écrit embarrassant :
C'est une situation, une affaire embarrassante. (Petit Robert.)
Le mot n'est pas visé par les rectifications de l'orthographe.
* * * * *
Joyeux Noël à tous!
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« Le pape a accordé son pardon à son ancien majordome Paolo Gabriele » : http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/36703...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
03:55 Publié dans Cultiver le doute, On ne se relit jamais trop, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
24 décembre 2012
Des manifestants par centaines
- Ce week-end encore, des manifestants par centaines, surtout des jeunes, ont envahi le quartier gouvernemental, bravant l’interdiction policière… pour se voir dispersées, absurdement, par les canons à eau et les gaz lacrymogènes!
(Guy Taillefer, dans Le Devoir du 24 décembre 2012.)
Ce sont des manifestants qui ont envahi le quartier gouvernemental, par centaines, pour se voir dispersés :
Ce week-end encore, des manifestants par centaines, surtout des jeunes, ont envahi le quartier gouvernemental, bravant l’interdiction policière… pour se voir dispersés, absurdement, par les canons à eau et les gaz lacrymogènes!
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« Toutes les 22 minutes » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internat...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
02:00 Publié dans Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
23 décembre 2012
Lors de son allocution
- Alors qu’il dévoilait les grandes lignes de son rapport en conférence de presse lundi dernier, Wally Oppal a été interrompu à plusieurs reprises lors de son allocution.
(Jeanne Corriveau, dans Le Devoir du 22 décembre 2012.)
Le syntagme lors de son allocution n'apporte aucune précision utile, à mon avis; je supprimerais le pléonasme :
Alors qu’il dévoilait les grandes lignes de son rapport en conférence de presse, lundi dernier, Wally Oppal a été interrompu à plusieurs reprises.
Wally Oppal a été interrompu à plusieurs reprises alors qu’il dévoilait les grandes lignes de son rapport en conférence de presse, lundi dernier.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« Femmes autochtones – Un air de déjà-vu » : http://www.ledevoir.com/societe/justice/366968/un-air-de-...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
04:18 Publié dans On ne se relit jamais trop, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
22 décembre 2012
Question existentielle
- Question existentielle : moi qui chronique sur la fin du monde, suis-je plus ou moins con que ces journalistes qui ont fait le voyage dans le Languedoc-Rousillon?
(Patrick Lagacé, dans La Presse du 21 décembre 2012.)
Ces autres journalistes ont fait le voyage dans le Languedoc-Roussillon.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« Je vais mettre des sous-vêtements propres » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/patrick-lagace/2...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
05:05 Publié dans On ne se relit jamais trop, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
21 décembre 2012
Il s'est morfondu en excuses
Se morfondre en excuses; se confondre en excuses; paronymes.
- Il s'est morfondu en excuses, sûrement sincères, mais le mal était fait.
(Philippe Cantin, dans La Presse du 19 décembre 2012.)
Le Petit Robert, le Multidictionnaire, le Hanse-Blampain, le Lexis et le Trésor de la langue française informatisé, consultés aux articles « morfondre », « excuse » et « confondre », ne donnent pas se morfondre en excuses, mais plutôt se confondre en excuses, c'est-à-dire multiplier les excuses :
Il est supposé détenir quelque fragment de vérité. C'est assez : on le honnit et l'infortuné ne songe qu'à se confondre en excuses. (Clemenceau dans le Trésor, à l'article « excuse ».)
Ils soulevèrent le banc, et le vieux culbuta, au milieu des éclats de rire. Christophe [...] vit le vieux, qui se ramassait péniblement, et, au lieu de se plaindre, se confondait en excuses. (Rolland dans le Trésor, à l'article « ramasser ».)
D'après Marie-Éva de Villers, se morfondre signifie « attendre longtemps en s'ennuyant » :
Elle s'est morfondue pendant trois jours dans cet endroit perdu.
Il fallait écrire :
Il s'est confondu en excuses, sûrement sincères, mais le mal était fait.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« L'année Twitter » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/philippe-cantin/...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
03:26 Publié dans Cultiver le doute, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
20 décembre 2012
En quelle année a eu lieu l'élection de 2008?
- Mais le taux de participation à l’élection de 2008 avait atteint un plancher historique en 2008, année où le gouvernement Charest avait regagné sa majorité après l’avoir perdu en 2007.
(Robert Dutrisac, dans Le Devoir du 19 décembre 2012.)
Le taux de participation à l'élection de 2008 ne pouvait atteindre un plancher qu'en 2008.
Le gouvernement Charest avait perdu quoi? Sa majorité, représentée par le pronom l'. Le participe passé employé avec l'auxiliaire avoir doit s'accorder avec le complément d'objet direct, placé devant le verbe.
Je proposerais :
Mais le taux de participation à l’élection de 2008 avait atteint un plancher historique; cette année-là, le gouvernement Charest avait regagné sa majorité après l’avoir perdue en 2007.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« Bond spectaculaire de la participation des jeunes à l’élection de 2012 » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/366727/bond-spec...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
05:14 Publié dans On ne se relit jamais trop, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
19 décembre 2012
Certains
- Certains, comme Bruno Rouyère (page 3), croisé au café du coin, attend* patiemment le 25 pour se promener sur Waverly et déguster toutes ces pages une par une.
(Marie-Andrée Chouinard, dans Le Devoir du 19 décembre 2012.)
Oui, bien entendu, Bruno Rouyère attend patiemment le 25, mais il n'est pas le seul. De fait, le message central de la phrase à l'étude, c'est plutôt : Certains attendent le 25. Le passage entre virgules, comme Bruno Rouyère (page 3), croisé au café du coin, apporte un exemple; il joue le rôle d'un élément accessoire, comme placé entre parenthèses.
Il fallait écrire :
Certains, comme Bruno Rouyère (page 3), croisé au café du coin, attendent patiemment le 25 pour se promener sur Waverly et déguster toutes ces pages une par une.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
* À 23 h, je vois que la faute a été corrigée.
« Un conte de Noël de porte en porte – Une artiste sème la magie dans le Mile-End » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/366...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
02:51 Publié dans On ne se relit jamais trop, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
18 décembre 2012
Cheveux coupés courts
Coupés courts, coupés court; court, adjectif ou adverbe; grammaire française; orthographe.
- C'est ainsi qu'un matin, j'ai vu arriver Muhammad avec les cheveux coupés très courts.
(Rima Elkouri, dans La Presse du 12 décembre 2011.)
Court est adverbe et donc invariable dans la phrase à l'étude, comme on peut s'en assurer en consultant le Petit Robert ou le Multidictionnaire, à l'article « court ». C'est qu'il ne se rapporte pas à cheveux, mais modifie plutôt le participe coupés :
Avoir les cheveux coupés court. (Petit Robert.)
C'est ainsi qu'un matin, j'ai vu arriver Muhammad avec les cheveux coupés très court.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« Pop-corn Tahrir » : http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/rima-elkouri/20111...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
04:44 Publié dans Cultiver le doute, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
17 décembre 2012
La voie chargée d'émotion
- Dans un silence de plomb, il a continué son discours, la voie* chargée d’émotion.
(Bahador Zabihiyan, dans Le Devoir du 17 décembre 2012.)
Dans un silence de plomb, il a continué son discours, la voix chargée d’émotion.
- [...] une des premières mesures qu’il pourrait tenter de mettre en place serait d’interdire les fusils d’assaut. Une loi, signée par le président Bill Clinton en 1994, les avait interdites*, mais elle a expiré en 2004, et n’a jamais été renouvelée depuis.
Une loi avait interdit quoi? Les fusils d'assaut, représentés par le pronom les. Le participe passé employé avec l'auxiliaire avoir s'accorde avec le complément d'objet direct, placé devant le verbe :
[...] une des premières mesures qu’il pourrait tenter de mettre en place serait d’interdire les fusils d’assaut. Une loi, signée par le président Bill Clinton en 1994, les avait interdits, mais elle a expiré en 2004, et n’a jamais été renouvelée depuis.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
* Le 18 décembre à 16 h 45, je constate que la faute a été corrigée.
« "Nous devons changer", dit Obama » : http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/366589/n...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
04:30 Publié dans On ne se relit jamais trop, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
16 décembre 2012
Pour inciter les enfants à rester calme
- Ils avaient fourni du papier et des crayons à colorier aux enfants pour les inciter à rester calme.
(AP dans le site du Devoir, le 15 décembre 2012 à 17 h.)
Ils ont voulu inciter les enfants à rester calmes. Rester est ici un verbe attributif; son sujet implicite, enfants, régit l'accord de l'attribut, l'adjectif calmes :
Ils avaient fourni du papier et des crayons à colorier aux enfants pour les inciter à rester calmes.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« Newtown : les 20 enfants tués étaient tous âgés de 6 ou 7 ans » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/366...
Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.
03:37 Publié dans On ne se relit jamais trop, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias
15 décembre 2012
Antécédents
- Déjà, les cours de cégep ont été coupés dans deux prisons fédérales du Québec : l’Établissement Leclerc, à Laval, qui doit fermer d’après une décision du gouvernement conservateur, et la prison pour femmes de Joliette, qui ne compteraient pas suffisamment d’étudiantes.
(Lisa-Marie Gervais, dans Le Devoir du 5 décembre 2012.)
L'Établissement Leclerc étant réservé aux hommes, c'est la prison pour femmes de Joliette qui ne compterait pas suffisamment d'étudiantes.
- Selon Jean-Pierre Simoneau, directeur des opérations de la Chaire UNESCO, les programmes de formation scolaire, qui mène à la réinsertion sociale d’un détenu au terme de sa peine, sont des « incontournables ».
Ce sont les programmes, noyau du syntagme les programmes de formation scolaire, qui mènent à la réinsertion sociale.
Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec
« Les pénitenciers ferment l’accès au collégial » : http://www.ledevoir.com/societe/education/365602/les-peni...
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00:59 Publié dans On ne se relit jamais trop, Questions de langue | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, médias


