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16 décembre 2014

Être ou ne pas être majoritaire

  • Il s’agissait de reconnaître le caractère majoritaire de l’Afrique au sein de l’organisation où elle est majoritaire.
    (Bernard Descôteaux, dans Le Devoir du 2 décembre 2014.)

On pouvait écrire simplement :

Il s’agissait de reconnaître le caractère majoritaire de l’Afrique au sein de l’organisationelle est majoritaire.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Pigiste
Québec

« Et maintenant... » : http://www.ledevoir.com/politique/canada/425479/francopho...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

15 décembre 2014

Cette révision, il ne l'a jamais fait

  • Le gouvernement avait promis une révision annuelle de l’admissibilité des communautés, il ne l’a jamais fait.
    (Manon Cornellier, dans Le Devoir du 26 novembre 2014.)

Qu'est-ce que le gouvernement avait promis mais qu'il n'a jamais fait? Une révision annuelle, représentée par le pronom l'. Le participe passé employé avec l'auxiliaire avoir doit s'accorder avec le complément d'objet direct, celui-ci étant placé devant le verbe :

Le gouvernement avait promis une révision annuelle de l’admissibilité des communautés, il ne l’a jamais faite.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Plus que des miettes » : http://www.ledevoir.com/politique/canada/424960/plus-que-...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

14 décembre 2014

L'argent, il faut la trouver

  • Enfants du Québec, ne soyez pas surpris si vos cadeaux de Noël, cette année, sont plus modestes. Faudra bien la trouver quelque part, l'argent pour vous faire garder.
    (Stéphane Laporte, dans La Presse du 23 novembre 2014.)

Enfants du Québec, ne soyez pas surpris si vos cadeaux de Noël, cette année, sont plus modestes. Faudra bien le trouver quelque part, l'argent pour vous faire garder.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Pour en finir avec les garderies » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/stephane-laporte...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

13 décembre 2014

Juppé, Sarkozy et Fillion

  • Même chose à l’UMP, où les Juppé, Sarkozy et Fillion ont brillé par leur silence.
    (Christian Rioux, dans Le Devoir du 12 décembre 2014.)

Le chroniqueur voulait sûrement parler de François Fillon.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Le pompier pyromane » : http://www.ledevoir.com/international/europe/426579/le-po...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

12 décembre 2014

Double emploi

  • Sur les 47 victimes de l’explosion du train de la MMA, une trentaine d’entre elles ont péri dans son bar.
    (Isabelle Porter, dans Le Devoir du 8 décembre 2014.)

D'entre elles fait double emploi :

Sur les 47 victimes de l’explosion du train de la MMA, une trentaine d’entre elles ont péri dans son bar.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Musi-Café : les défis d’une seconde vie » : http://www.ledevoir.com/politique/villes-et-regions/42608...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

11 décembre 2014

La présentation du projet de loi qui devait l'être

  • Les attentats de Saint-Jean et d’Ottawa perpétrés par des radicaux islamistes ont servi de prétexte pour retarder encore la présentation du projet de loi sur la laïcité qui devait l’être au printemps dernier.
    (Michel David, dans Le Devoir du 9 décembre 2014.)

Le projet de loi sur la laïcité ne devait pas être la présentation au printemps dernier, mais il devait être présenté à cette époque. Le pronom l' ne pouvant pas renvoyer à un mot qui ne figure pas dans le texte, il fallait exprimer l'idée d'une autre façon :

Les attentats de Saint-Jean et d’Ottawa, perpétrés par des radicaux islamistes, ont servi de prétexte pour retarder encore la présentation du projet de loi sur la laïcité, qui devait avoir lieu au printemps dernier.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Bulletin ministériel » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/426143/bulletin-...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

10 décembre 2014

Cet honteux monstre

Honteux, h muet ou h aspiré; ce ou cet devant un h aspiré; grammaire française.

  • Comme si on s'excusait d'avoir construit des blocs aussi ternes que le stationnement voisin, cet honteux monstre de béton censé être caché six pieds sous terre.
    (François Cardinal, dans La Presse du 7 décembre 2014.)

Le déterminant démonstratif masculin singulier s'écrit cet devant une voyelle ou un h muet (cet homme), mais ce devant un h aspiré; or, ainsi que le signale entre autres le Multidictionnaire, l'adjectif honteux commence par un h aspiré :

Il n'y a rien de honteux à penser cela. (Petit Robert.)

Un flot de honteuse tristesse m'a flétri le cœur. (M. Barrès dans le Grand Robert, à l'article « flétrir ».)

De basses, de honteuses intrigues. (Grand Robert, à l'article « intrigue ».)

Ce honteux négoce s'exerça dès le début sur une certaine échelle. (Ambrière dans le Trésor de la langue française informatisé, à l'article « négoce ».)

Il fallait écrire :

Comme si on s'excusait d'avoir construit des blocs aussi ternes que le stationnement voisin, ce honteux monstre de béton censé être caché six pieds sous terre.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Prix citron » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/francois-cardina...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

09 décembre 2014

Trop ou trop peu?

  • En même temps, on le voit de plus en plus, les infractions à connotation psychiatrique mettent à rude épreuve tant la police que le système judiciaire. Encore aujourd’hui, trop de procureurs et de juges manifestent une compréhension de cette criminalité. On en est encore à la notion désuète du discernement entre « le bien et le mal ».
    (Jean-Claude Leclerc, dans Le Devoir du 8 décembre 2014.)

D'après le contexte, je crois comprendre que les procureurs et les juges sont trop peu nombreux à manifester la compréhension voulue :

En même temps, on le voit de plus en plus, les infractions à connotation psychiatrique mettent à rude épreuve tant la police que le système judiciaire. Encore aujourd’hui, trop peu de procureurs et de juges manifestent une compréhension de cette criminalité. On en est encore à la notion désuète du discernement entre « le bien et le mal ».

En même temps, on le voit de plus en plus, les infractions à connotation psychiatrique mettent à rude épreuve tant la police que le système judiciaire. Encore aujourd’hui, trop de procureurs et de juges manifestent une mauvaise compréhension de cette criminalité. On en est encore à la notion désuète du discernement entre « le bien et le mal ».

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Que fera une autre femme en Cour suprême? » : http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/42607...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

08 décembre 2014

Mauvaise surprise

  • Des adolescentes en quête d'une nuit chaude et gratuite au spa nordique Amérispa de Cantley ont rapidement refroidi lorsque des policiers les ont surpris.
    (Louis-Denis Ébacher, dans Le Droit du 20 octobre 2014.)

Le participe passé employé avec avoir s'accorde avec le complément d'objet direct, si celui-ci précède le verbe. Les policiers ont surpris qui? Des adolescentes, représentées par le pronom les :

Des adolescentes en quête d'une nuit chaude et gratuite au spa nordique Amérispa de Cantley ont rapidement refroidi lorsque des policiers les ont surprises.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Une nuit chaude qui refroidit trois adolescentes » : http://www.lapresse.ca/le-droit/actualites/justice-et-fai...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

07 décembre 2014

Serrer la vie aux trafiquants

  • Je constate un décalage entre la justice et les justiciers. Octobre 2007, Stephen Harper annonçait sa stratégie pour lutter contre la drogue. Il promettait, ça n'a surpris personne, de serrer la vie aux trafiquants.
    (Mylène Moisan, dans Le Soleil du 28 novembre 2014.)

Traiter quelqu'un avec une grande sévérité, restreindre ses libertés, c'est lui serrer la vis, peut-on lire dans le Petit Robert. Évidemment, cela ne devrait pas avoir pour effet de lui faciliter la vie.

Il fallait écrire :

[...] Stephen Harper annonçait sa stratégie pour lutter contre la drogue. Il promettait, ça n'a surpris personne, de serrer la vis aux trafiquants.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« La loi ou la poule » : http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs/20...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

06 décembre 2014

Les propos

  • Les propos du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, sur « l’État du XXIe siècle » n’est pas sans rappeler le rapport Gobeil de 1986 [...]
    (Bernard Descôteaux, dans Le Devoir du 6 décembre 2014.)

Ce n'est pas l'État du XXIe siècle qui n'est pas sans rappeler le rapport Gobeil, mais les propos du président du Conseil du trésor :

Les propos du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, sur « l’État du XXIe siècle » ne sont pas sans rappeler le rapport Gobeil de 1986 [...]

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Le prix d'un café? » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/425957/austerite...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

05 décembre 2014

Venu

  • Ils ont rapidement compris qu’au moment où tout le monde devait se serrer la ceinture, il aurait été très mal venu d’exiger que l’entente intervenue avec le gouvernement Charest soit respectée intégralement.
    (Michel David, dans Le Devoir du 2 décembre 2014.)

Il serait souhaitable d'éviter la répétition :

Ils ont rapidement compris qu’au moment où tout le monde devait se serrer la ceinture, il aurait été très mal vu d’exiger que l’entente intervenue avec le gouvernement Charest soit respectée intégralement.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« La rupture » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/425528/la-rupture

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

04 décembre 2014

Peu faire grincer

  • L’ensemble est en parfaite symbiose avec cette courtepointe de mots, d’ambiances, de cris dont la fibre, les coutures, les motifs n’offrent finalement qu’un niveau très homéopathique de faiblesses. Peu faire grincer.
    (Fabien Deglise, dans Le Devoir du 4 décembre 2014.)

Peu faire grincer? La phrase est courte et chacun des mots est français, et pourtant l'ensemble est incompréhensible.

J'ai pensé d'abord qu'on avait voulu dire Pour faire grincer ou Peut faire grincer. Mais j'ai changé d'avis à la lecture de la phrase suivante :

Tout est là pour faire sourire, émouvoir, faire vibrer devant cette pensée qui se détache avec élégance de ces grappes dangereusement consensuelles, cette idée qui éclaire avec acuité un geste, ou cette remarque qui porte atteinte à un préjugé, avec la dextérité du verbe.

Finalement, ce que le journaliste a voulu écrire, je crois, c'est plutôt :

Peu fait* grincer.

Ou bien :

Peu pour faire grincer.

Que ne l'a-t-il écrit.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Pigiste
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* Le 4 décembre à 15 h 10, je vois que la correction a été apportée.

« Du terrorisme à grands coups de plumes » : http://www.ledevoir.com/culture/theatre/425720/du-terrori...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

03 décembre 2014

Serpenter le flanc d'une montagne

Serpenter suivi d'un complément d'objet direct; serpenter, verbe transitif ou intransitif; grammaire française; syntaxe.

  • [...] trois heures et demie intenses à serpenter le flanc d’une montagne, avec une vue sur un effrayant ravin, alors que le jour se couche.
    (Émilie Folie-Boivin, dans Le Devoir du 29 novembre 2014.)

Serpenter est un verbe intransitif; il ne s'emploie donc pas avec un complément d'objet direct :

Un sentier qui serpente dans la forêt. (Multidictionnaire.)

Les queues devant les boulangeries serpentent dès l'aube. (Triolet, dans le Lexis.)

Elle seule [la gondole à Venise] peut serpenter à travers les réseaux inextricables et l'infinie capillarité des rues aquatiques. (Gautier, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

L'affleurement bleuâtre des veines microscopiques qui serpentent sous l'épiderme. (Taine dans le Petit Robert, à l'article « bleuâtre ».)

Au bas de la crevasse, de larges et épaisses coulées de laves serpentaient sur les flancs du mont [...] (J. Verne dans le Grand Robert, à l'article « cratère ».)

Il fallait écrire :

[...] trois heures et demie intenses à serpenter sur le flanc d’une montagne, avec une vue sur un effrayant ravin, alors que le jour se couche.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Un "road trip" à l’eau de rose » : http://www.ledevoir.com/art-de-vivre/voyage/425032/touris...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

02 décembre 2014

Il est depuis plusieurs années questions...

  • Pas étonnant, en ce sens, qu’il soit depuis plusieurs années questions d’ouvrir des négociations avec les talibans, devant l’impasse sur laquelle a débouché la méthode militaire.
    (Guy Taillefer, dans Le Devoir du 1er décembre 2014.)

Il est question, depuis plusieurs années, d'ouvrir des négociations avec les talibans :

Pas étonnant, en ce sens, qu’il soit depuis plusieurs années question d’ouvrir des négociations avec les talibans, devant l’impasse sur laquelle a débouché la méthode militaire.

Question est invariable dans l'expression il est question de.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Pigiste
Québec

« Haute trahison » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internat...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

01 décembre 2014

Un, deux, trois autres candidats

  • Appuyée par les délégations canadienne, québécoise, néo-brunswickoise et haïtienne, l’ex-gouverneure générale a mené une campagne soutenue pendant plusieurs mois, qui l’a menée dans plusieurs États de la Francophonie.
    (Lisa-Marie Gervais, dans Le Devoir du 1er décembre 2014.)

Elle a mené une campagne qui l'a menée...? L'image est plaisante, mais je doute que la répétition soit voulue :

Appuyée par les délégations canadienne, québécoise, néo-brunswickoise et haïtienne, l’ex-gouverneure générale a fait une campagne soutenue pendant plusieurs mois, qui l’a menée dans plusieurs États de la Francophonie.

* * * * *

  • En plus du Mauricien de l’Estrac, trois autres candidats étaient en lice (cinq au total avec Mme Jean), soit Pierre Buyoya, du Burundi, et Agustin Nze Nfumu, de la Guinée-Équatoriale.

Un, deux... Il manque le troisième, Henri Lopes, du Congo-Brazzaville.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Michaëlle Jean, la nouvelle voix de l’OIF » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internat...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

30 novembre 2014

Peut-être en resteraient-ils

  • Mais s’ils [les médecins] n’avaient pas accaparé les budgets avec leurs plantureuses augmentations, peut-être en resteraient-ils un peu pour le reste!
    (Antoine Robitaille, dans Le Devoir du 29 novembre 2014.)

Je ne conseillerai pas d'éliminer la répétition rester... reste, parce qu'elle me paraît servir le propos. Je signale toutefois que nous avons affaire ici à un impersonnel; pour s'en rendre compte, il suffit de supprimer l'inversion du sujet et du verbe. On dirait en effet :

[...] peut-être qu'il en resterait un peu pour le reste!

Et non pas :

[...] peut-être qu'ils en resteraient un peu pour le reste!

Il fallait écrire :

Mais s’ils n’avaient pas accaparé les budgets avec leurs plantureuses augmentations, peut-être en resterait-il un peu pour le reste!

* * * * *

  • Toutefois, que vient faire ce sujet en question dans le projet de loi?

Il fallait choisir :

Toutefois, que vient faire ce sujet en question dans le projet de loi?

Toutefois, que vient faire le sujet en question dans le projet de loi?

Line Gingras
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« Indispensable bâton » : http://www.ledevoir.com/societe/sante/425323/projet-de-lo...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

29 novembre 2014

La participation des femmes?

  • Il faut sauver ce qu’il va rester des garderies, car la participation des femmes à l’avancement de la société, qui était devenue un plus pour la collectivité, risque de les retourner entre les quatre murs de leur maison.
    (Lise Payette, dans Le Devoir du 28 novembre 2014.)

Ce n'est certes pas la participation des femmes à l'avancement de la société qui risque de les retourner entre les quatre murs de leur maison, mais la hausse des frais de garde. J'imagine que madame Payette voulait dire :

Il faut sauver ce qu’il va rester des garderies, car la participation des femmes à l’avancement de la société, qui était devenue un plus pour la collectivité, se trouve compromise par la hausse des frais de garde, qui risque de les retourner entre les quatre murs de leur maison.

* * * * *

  • On leur vend l’électricité moins cher qu’au citoyen payeur de taxes [...]

Comme je l'ai déjà signalé, payeur de taxes est le calque de taxpayer; en français correct, on dit plutôt contribuable.

Line Gingras
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« Joyeux Noël à vous aussi, M. Coiteux » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/425167/joyeux-no...

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28 novembre 2014

Prendre une chance, prendre « une » risque

  • « On ne peut prendre aucune risque avec la santé humaine », a déclaré le ministre québécois.
    (Martin Ouellet, PC, dans Le Devoir du 28 novembre 2014.)
  • « On ne peut prendre aucune chance avec la santé humaine », a déclaré Pierre Paradis.
    (Légende d'une photo accompagnant le même article.)

Qu'a-t-il donc déclaré au juste, le ministre Pierre Paradis? Aurait-il utilisé l'expression prendre une chance, calque de to take a chance? On aurait dû, il me semble, le citer chaque fois fidèlement, et signaler l'anglicisme par la mention sic, entre crochets :

« On ne peut prendre aucune chance [sic] avec la santé humaine », a déclaré le ministre québécois.

« On ne peut prendre aucune chance [sic] avec la santé humaine », a déclaré Pierre Paradis.

Et j'aurai l'air de chanter toujours la même antienne, mais n'oublions pas qu'il faut se relire après avoir apporté une modification. (Cela dit, l'expression prendre un risque est correcte.)

Line Gingras
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« Le ministre veut forcer les épiciers à jeter la viande après trois jours » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/425175/le-minist...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

27 novembre 2014

Leur rémunération est en retard, lequel...

Actualisation du nom et antécédent du pronom relatif; grammaire française; syntaxe.

  • Leur rémunération est en retard de 8 % sur le secteur privé, lequel s’accroîtra encore.
    (Bernard Descôteaux, dans Le Devoir du 26 novembre 2014.)

Contrairement à ce qu'indique la construction de la phrase, l'éditorialiste n'a pas voulu dire que le secteur privé s'accroîtra encore; c'est plutôt, d'après le contexte, le retard de la rémunération des employés de l'État qui va augmenter. La confusion est causée en partie par la place du syntagme le secteur privé, mais elle est aussi attribuable au fait que le nom retard n'est employé dans la phrase qu'à titre de composante de la locution adverbiale en retard; n'étant pas actualisé par l'article ou un autre déterminant, il ne peut être représenté par un pronom relatif.

Ainsi la formulation suivante, où serait éliminée la première cause de confusion, ne serait guère meilleure que celle qui nous occupe :

Leur rémunération est en retard de 8 % sur l'entreprise privée, lequel s’accroîtra encore.

On pourrait écrire, par exemple :

Leur rémunération est en retard de 8 % sur le secteur privé, et cet écart s’accroîtra [ou se creusera] encore.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Quelle rénovation? » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/424940/fonction-...

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26 novembre 2014

Peser fort dans la balance

Peser fort dans la balance, peser lourd dans la balance; usage.

  • De toute évidence, la voix de Preston Manning n'avait pas pesé très fort dans la balance...
    (Vincent Marissal, dans La Presse du 9 septembre 2014.)

D'après ce que je peux voir, le Petit Robert, le Grand Robert et le Trésor de la langue française informatisé n'admettent pas peser fort dans la balance ni peser fort, mais peser lourd dans la balance, peser lourd :

Cela ne pèsera pas lourd dans la balance. (Petit Robert et Grand Robert, à l'article « lourd ».)

Cet argument, son avis ne pèse pas lourd. (Petit Robert, à l'article « peser ».)

Cet inculpé a des antécédents qui pèseront lourd. (Grand Robert, à l'article « antécédent ».)

J'ai reproché bien des choses à mon père... Bah! tout cela ne pèserait pas lourd si mon père avait fait en sorte que je pusse l'aimer, simplement de tout mon cœur. (Duhamel dans le Grand Robert, à l'article « lourd ».)

Je suis sûre qu'il me préfère à toute autre; mais absente, je ne pèse pas lourd; c'est comme ça qu'il est. (Mauriac dans le Grand Robert, à l'article « peser ».)

[...] si tu étais convaincu que dans l'ensemble c'est le parti qui tient le bon bout, tu penserais que tes petites histoires personnelles ne pèsent pas lourd à côté des trucs qui sont en jeu. (Beauvoir dans le Trésor, à l'article « lourd ».)

Il faudrait écrire :

De toute évidence, la voix de Preston Manning n'avait pas pesé très lourd dans la balance...

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Ne me quitte pas » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/vincent-marissal...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.