02 juillet 2014

Libraire et commerçant

  • « C’est l’ajout d’un intermédiaire qui a un impact colossal sur les résultats financiers des éditeurs et des libraires, poursuit celui [Blaise Renaud, directeur général des librairies Renaud-Bray] qui se voit autant comme commerçant que comme libraire. »
    (Catherine Lalonde, dans Le Devoir du 30 juin 2014.)

La précision est pour le moins superflue : un libraire, d'après le Petit Robert, est un « commerçant dont la profession est de vendre des livres au public ».

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Renaud-Bray dit vouloir changer les choses dans le monde du livre » : http://www.ledevoir.com/culture/livres/412291/plint-chaud...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

22:00 Publié dans Questions de langue | Lien permanent | Tags : langue française

30 juin 2014

« Quelle importance, le temps qu'il nous reste... »

  • Depuis le début du mois de juillet*, une centaine de familles ont contacté les services d’urgence de leur ville parce qu’elles n’auront plus de logement à partir du 1er juillet.
    (Laura Pelletier, dans Le Devoir du 30 juin 2014.)

Quelques paragraphes plus loin :

  • La majorité des personnes ont donc contacté les services municipaux ou le FRAPRU au début du mois de juillet*.

Mon journal préféré semble avoir un peu de mal avec les dates ces jours-ci. (Voir mon billet du 29 juin.)

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

* Le 30 juin à 17 h 45, je vois que la correction a été apportée.

« Plusieurs Québécois à la rue le 1er juillet » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/412...

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29 juin 2014

C'était quand déjà?

  • Le centre-ville de Lac-Mégantic a été détruit par l’explosion d’un train en juin 2013.
    (Légende de la photo accompagnant l'article de Joseph Boju, dans Le Devoir du 28 juin 2014.)

L'explosion s'est produite en fait le 6 juillet 2013.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Reconstruire Lac-Mégantic à l’heure de l’entrepreneuriat social » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/412...

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28 juin 2014

Son statut de l'avantage

L'administration Obama ou le gouvernement Obama; anglicisme.

  • Si dans le cas de l’Iran on a évoqué son statut de puissance régionale et donc de l’avantage que cela lui donne, il faut maintenant s’arrêter à la carte que détient l’administration Obama.
    (Serge Truffaut, dans Le Devoir du 27 juin 2014.)

Deux observations :

  1. On a évoqué l'avantage que cela lui donne, et non pas son statut de l'avantage, ce qui ne veut rien dire.
  2. Selon le Petit Robert, administration est un anglicisme lorsqu'il désigne une équipe gouvernementale. Exemple : L'administration Bush.

Il fallait écrire :

Si dans le cas de l’Iran on a évoqué son statut de puissance régionale et donc de l’avantage que cela lui donne, il faut maintenant s’arrêter à la carte que détient le gouvernement Obama.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« À rebours du temps » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internat...

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27 juin 2014

Obligation

  • Les conservateurs ne veulent pas toucher à ce dossier, même avec un bâton de 100 mètres, mais en adoptant la loi 52 sur les soins de fin de vie, le Québec l’y oblige, car l’aide médicale à mourir qu’elle permet, le Code criminel l’interdit.
    (Manon Cornellier, dans Le Devoir du 11 juin 2014.)

Ce n'est pas le bâton ni la loi que le Québec oblige à toucher au dossier, mais les conservateurs :

Les conservateurs ne veulent pas toucher à ce dossier, même avec un bâton de 100 mètres, mais en adoptant la loi sur les soins de fin de vie, le Québec les y oblige, car l’aide médicale à mourir qu’elle permet, le Code criminel l’interdit.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Les autruches » : http://www.ledevoir.com/politique/canada/410633/les-autru...

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26 juin 2014

Les moyens à leurs dispositions

  • [...] les multinationales avaient à leurs dispositions des moyens leur permettant à terme de ne pas débourser un sou d’impôt.
    (Serge Truffaut, dans Le Devoir du 26 juin 2014.)

Une multinationale a des moyens à sa disposition; plusieurs multinationales ont donc des moyens à leur disposition :

[...] les multinationales avaient à leur disposition des moyens leur permettant à terme de ne pas débourser un sou d’impôt.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« La plaie des plaies » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internat...

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25 juin 2014

La nouvelle loi de 2012 datait de 1997

  • En clair : depuis le 1er juin dernier, l’Université Laval a décidé d’emboîter le pas aux 28 universités canadiennes qui appliquent les nouvelles dispositions de la nouvelle loi sur le droit d’auteur de 2012. Celle-ci, qui datait de 1997 et qui était désuète, a été remaniée [...]
    (Lisa-Marie Gervais, dans Le Devoir du 25 juin 2014.)

Trois observations :

  1. J'imagine que la décision a été prise le 1er juin, et non depuis cette date, soit à une date indéterminée se situant entre le 1er et le 25 juin.
  2. Il suffit d'appliquer les dispositions de la nouvelle loi.
  3. Le pronom démonstratif celle-ci ne peut désigner que « la nouvelle loi sur le droit d'auteur de 2012 »; mais il va de soi que cette nouvelle loi ne peut dater à la fois de 2012 et de 1997.

On pouvait écrire :

En clair : depuis le 1er juin dernier, l’Université Laval a décidé d’emboîter le pas aux 28 universités canadiennes qui appliquent les nouvelles dispositions de la nouvelle loi sur le droit d’auteur de 2012. La loi de 1997, qui était désuète, a été remaniée [...]

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« L’Université Laval se retire d’une entente sur le droit d’auteur » : http://www.ledevoir.com/societe/education/411847/l-univer...

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24 juin 2014

Tous deux

  • Selon les documents, Marc-Yvan Côté et Gilles Cloutier — tous deux vice-présidents au développement des affaires chez Roche, et responsable des « orientations du financement des divers partis politiques » pour la firme — ont rencontré Frank Zampino alors qu’il était maire de l’arrondissement de Saint-Léonard [...]
    (Guillaume Bourgault-Côté, dans Le Devoir du 20 juin 2014.)

Ou bien Marc-Yvan Côté et Gilles Cloutier étaient tous deux vice-présidents au développement des affaires et responsables des orientations du financement, ou bien l'un des deux était vice-président, et l'autre responsable; mais ce n'est pas cette dernière idée que rend la structure de la phrase, et rien n'indique quel aurait été le titre de chacun.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Zampino voulait 100 000 $ en échange de contrats » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/411491/zampino-a...

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23 juin 2014

On en raffole

  • En ville cependant on raffole des vêtements et les accessoires importés, plus délicats que la grossière étoffe du pays.
    (Gilles Laporte, président du Mouvement national des Québécoises et Québécois, dans Le Devoir du 23 juin 2014.)

Deux possibilités :

[...] on raffole des vêtements et des accessoires importés, plus délicats que la grossière étoffe du pays.

[...] on raffole des vêtements et les accessoires importés, plus délicats que la grossière étoffe du pays.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Une Fête nationale en étoffe du pays » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/411...

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22 juin 2014

Levée de bouclier

Levée de bouclier, levée de boucliers; orthographe.

  • Levée de bouclier contre les propos rétrogrades de MacKay
    (Titre d'un article d'Hélène Buzzetti, dans Le Devoir du 20 juin 2014.)

D'après le Multidictionnaire (à l'article « levée »), le Petit Robert, le Lexis, Usito et le Trésor de la langue française informatisé, bouclier prend la marque du pluriel dans l'expression levée de boucliers. Au sens propre, il s'agit d'une « démonstration par laquelle les soldats romains exprimaient leur résistance aux volontés de leur général » (Petit Robert, à l'article « bouclier »); au sens figuré, la locution rend l'idée d'une « protestation unanime » (Usito et Trésor, à l'article « bouclier »), d'une « attaque concertée contre une autorité quelconque » (Lexis, à l'article « levée ») :

Le projet de loi fut accueilli par une véritable levée de boucliers. (Lexis, à l'article « bouclier ».)

Je vous dirai même qu'au Jockey, quand on a appris ces prouesses, cela a été une levée de boucliers, un véritable tollé. (Proust dans le Trésor, à l'article « bouclier ».)

Il fallait écrire :

Levée de boucliers contre les propos rétrogrades de MacKay

* * * * *

  • Le ministre de la Justice, Peter MacKay, se retrouve sur la selette pour ses propos concernant les femmes dans la magistrature.

On est sur la sellette, avec deux l :

La majorité s'ennuie et pour passer le temps elle met sur la sellette quelques membres du cabinet et ne les abandonne qu'après leur avoir fait dire toutes les bêtises du monde. (Mérimée, dans le Trésor.)

Il fallait écrire :

Le ministre de la Justice, Peter MacKay, se retrouve sur la sellette pour ses propos concernant les femmes dans la magistrature.

La sellette désignait autrefois, nous dit Usito, le « petit siège sur lequel on faisait asseoir un accusé au tribunal ».

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Levée de bouclier [sic] contre les propos rétrogrades de MacKay » : http://www.ledevoir.com/politique/canada/411597/femmes-et...

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20 juin 2014

Le soutien est 50 %

  • Or, le soutien financier du fédéral est à peine 50 % aujourd’hui [...]
    (Francine Pelletier, dans Le Devoir du 14 mai 2014.)

On ne dirait pas que le soutien est 50 %, mais qu'il est de 50 % :

Or, le soutien financier du fédéral est d'à peine 50 % aujourd’hui [...]

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« ICI Radio-Compression » : http://www.ledevoir.com/societe/medias/408170/ici-radio-c...

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19 juin 2014

Le choix

  • La même logique anti-Harper prévaudra lors des prochaines élections, peu importe qui dirige le Bloc. Le choix de Mario Beaulieu à la tête du Bloc n’y changera rien, elle rend seulement plus difficile de ramener au bercail ceux qui font de la défaite des conservateurs leur priorité à court terme.
    (Manon Cornellier, dans Le Devoir du 18 juin 2014.)

Ce n'est pas la tête du Bloc, mais le choix de Mario Beaulieu à la tête du Bloc qui rend plus difficile le retour au bercail :

La même logique anti-Harper prévaudra lors des prochaines élections, peu importe qui dirige le Bloc. Le choix de Mario Beaulieu à la tête du Bloc n’y changera rien; il rend seulement plus difficile de ramener au bercail ceux qui font de la défaite des conservateurs leur priorité à court terme.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Erreur d'optique » : http://www.ledevoir.com/politique/canada/411301/erreur-d-...

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18 juin 2014

Des mécanismes à l'enseigne du remplacement

  • Car à la suite des crises gazières de 2006 et 2009 provoquées par Moscou, l’Ukraine et les pays dépendant plus ou moins du gaz russe ont élaboré des mécanismes à l’enseigne du remplacement.
    (Serge Truffaut, dans Le Devoir du 17 juin 2014.)

Des mécanismes de remplacement, peut-être?

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Jeu de cache-cache » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internat...

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17 juin 2014

La peur

La peur... La peur est le pire des fléaux. Tout ce qu'on fait pour la calmer ne contribue qu'à la nourrir. De l'huile jetée sur le feu. On croit s'être débarrassé de ses causes immédiates? On pense avoir tout prévu, avoir bien fermé toutes les portes, toutes les fenêtres? Elle est là pourtant, avec soi dans la maison, tapie dans l'ombre. Elle attend. Oh, si peu de temps...

La voici qui reparaît sous une autre forme, encore plus vive, plus dévorante. La peur a toutes les bonnes raisons d'exister. Elle en trouve toujours de nouvelles, et n'admet pas de réplique. Elle est si prudente, la peur, et si responsable. Il n'y a qu'à l'écouter pour naviguer entre les écueils de la vie.

La peur est un corbillard blindé. Muni d'un GPS.

Line Gingras
Québec

Ce texte m'a été inspiré par la chronique de Rima Elkouri dans La Presse d'aujourd'hui : « Un gilet pare-balles avec ça? » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/rima-elkouri/201...

20:13 Publié dans Société | Lien permanent

14 juin 2014

Les États-Unis et ses opérations d'espionnage

  • Car si effectivement tout un chacun espionne tout le monde, les États-Unis se distinguent, ainsi que nous l’apprend le journal Le Monde ces jours-ci, par l’ampleur de ses opérations et la volonté de systématisation.
    (Serge Truffaut, dans Le Devoir du 24 octobre 2013.)

Je verrais deux possibilités :

Car si effectivement tout un chacun espionne tout le monde, les États-Unis se distinguent, ainsi que nous l’apprend le journal Le Monde ces jours-ci, par l’ampleur de leurs opérations et la volonté de systématisation.

Car si effectivement tout un chacun espionne tout le monde, les États-Unis se distinguent, ainsi que nous l’apprend le journal Le Monde ces jours-ci, par l’ampleur des opérations et la volonté de systématisation.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Espionnage des Français par la NSA – De la domination » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internat...

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13 juin 2014

Raconte-t-elle, dit-elle

  • Il y a quelques années, elle a couché durant deux semaines dans la rue, au métro Berri, dans la peur et l’angoisse constante d’être attaquée. « J’avais tellement peur que je me cachais, raconte-t-elle. Moi, je ne bois pas, je ne me drogue pas », dit-elle.
    (Caroline Montpetit, dans Le Devoir du 27 mai 2014.)

Une incise aurait suffi :

« J’avais tellement peur que je me cachais, raconte-t-elle. Moi, je ne bois pas, je ne me drogue pas. »

« J’avais tellement peur que je me cachais. Moi, je ne bois pas, je ne me drogue pas », dit-elle.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Des femmes âgées envoyées à la rue après un séjour à l’hôpital » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/409...

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12 juin 2014

Ça n'a rien à avoir

  • Une éducation parallèle, qui n’a rien à avoir avec l’école officielle.
    (Lisa-Marie Gervais, dans Le Devoir du 16 mai 2014.)

Pour dire « n'avoir aucun rapport » ou « cela n'a aucun rapport », « c'est tout différent, ce n'est pas comparable » (Petit Robert), on emploie les expressions n'avoir rien à voir, cela n'a rien à voir :

La patience n'a rien à voir avec la simple attente. (Gide, à l'article « voir ».)

L'éducation, l'instruction n'ont rien à voir avec les dispositions artistiques. (F. Léger, à l'article « disposition ».)

Tous les hommes ont peur. Tous. Celui qui n'a pas peur n'est pas normal; ça n'a rien à voir avec le courage. (Sartre, à l'article « peur ».)

Il fallait écrire :

Une éducation parallèle, qui n’a rien à voir avec l’école officielle.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« À la petite école des zapatistes » : http://www.ledevoir.com/societe/education/408505/document...

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07 juin 2014

Il a resté prudent

Il a resté, il est resté; rester, avec être ou avoir; rester, choix de l'auxiliaire; grammaire française.

  • Le ministre de la Justice, Peter MacKay, a pour sa part resté prudent lorsque la question sur le contrôle des armes à feu lui a été posée.
    (Mélanie Loisel, dans Le Devoir du 6 juin 2014.)

D'après ce que je vois dans le Multidictionnaire et le Hanse-Blampain, le verbe rester doit se conjuguer avec l'auxiliaire être (« dans tous les cas », précise le Hanse-Blampain) :

Il ne lui est resté que l'espérance. (Hanse-Blampain.)

La tache est restée, malgré les lavages répétés. (Petit Robert.)

Sa propre enfance […] lui était restée sur l'estomac comme un chocolat chaud sur des œufs brouillés. (M. Dugain, dans le Petit Robert.)

La France [...] est restée un pays fortement centralisé. (Léon Duguit dans le Grand Robert, à l'article « centraliser ».)

Je lis toutefois la remarque suivante dans le Grand Robert :

« Conjugué de nos jours avec l'auxiliaire être, sauf dans certains emplois dialectaux, rester prenait autrefois (et encore au xixe s.) être ou avoir. »

Voltaire écrivait ainsi :

J'ai resté huit jours dans la maison pour voir si je pourrais y travailler le jour et y dormir la nuit […] (Grand Robert.)

Mais Zola :

À Solférino, c'était dans un champ de carottes, nous y sommes restés cinq heures, le nez par terre. (Grand Robert.)

Aujourd'hui, il faudrait donc écrire :

Le ministre de la Justice, Peter MacKay, est pour sa part resté prudent lorsque la question sur le contrôle des armes à feu lui a été posée.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Moncton en alerte » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/410...

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06 juin 2014

Content, contents

  • Ce que le Canadien de Montréal nous fait vivre depuis le début des séries n'est pas banal. Il nous offre une raison d'être content en même temps.
    (Stéphane Laporte, dans La Presse du 18 mai 2014.)

Le sujet implicite du verbe être, avec lequel doit s'accorder l'attribut content, c'est le pronom nous, qui désigne ici l'ensemble des Québécois :

Ce que le Canadien de Montréal nous fait vivre depuis le début des séries n'est pas banal. Il nous offre une raison d'être contents en même temps.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« La fête du hockey » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/stephane-laporte...

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04 juin 2014

Une révélation désopilante

Désopilant ou désolant; paronymes.

  • Le problème, c’est qu’il existe déjà un parti qui incarne ces mêmes valeurs, Québec solidaire. Problème aggravé par le fait que le terrain « de gauche » qu’occupe QS — et c’est l’autre désopilante révélation de ce sondage — se porte assez mal merci.
    (Francine Pelletier, dans Le Devoir du 4 juin 2014.)

Un lecteur me signale cet emploi de l'adjectif désopilant — emploi qui paraît bien étrange, dans le contexte. La chroniqueuse écrit en effet, au début de son article :

Comme si les nouvelles n’étaient pas suffisamment déprimantes (déficits, décroissance, désastres environnementaux…), la « radiographie d’une génération » proposée par le dernier sondage CROP-La Presse pourrait plomber le moral pour de bon.

Et encore, un peu plus bas :

Le sondage peint un portrait d’un Québec désengagé, ignorant de son passé et replié sur lui-même.

Il n'y a rien là de comique ni de réjouissant. Or, désopilant signifie « hilarant » (Multidictionnaire), « qui fait rire de bon cœur » (Petit Robert), « qui fait rire de bon cœur, très amusant, très drôle » (Grand Robert), « qui provoque le rire ou déchaîne la gaieté » (Trésor de la langue française informatisé); il « se dit d'une personne ou d'une chose qui fait beaucoup rire » (Lexis).

Madame Pelletier a sans doute voulu parler d'une révélation désolante. Une syllabe de plus ou de moins...

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Le mur » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/409964/le-mur

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

03 juin 2014

Nul

  • Étant tous tenus à un secret d’élection papale, nul ne pouvait toutefois s’épancher publiquement.
    (Josée Boileau, dans Le Devoir du 28 mai 2014.)

Le sujet implicite de étant tenus devrait être le même que celui du verbe de la proposition principale :

Étant tous tenus à un secret d’élection papale, ils ne pouvaient toutefois s’épancher publiquement.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Québec

« Nadon… et les autres » : http://www.ledevoir.com/politique/canada/409353/nominatio...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.