Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09 avril 2007

Les éléments modulants l'acoustique

Modulant, participe présent ou adjectif verbal; grammaire française; syntaxe du français; orthographe d'accord.

« Lorsqu'on lui demande si la simplicité des éléments modulants l'acoustique à Québec est une réponse à la surenchère des gadgets acoustiques d'autres salles... » (Christophe Huss.)

Modulants serait correctement accordé s'il était adjectif verbal; mais c'est un participe présent, comme le montre la présence d'un complément d'objet direct, l'acoustique. Il doit par conséquent demeurer invariable.

Vous en doutez? Remplaçons éléments par un nom féminin, qui obligerait à prononcer modulantes, si nous avions affaire à un adjectif : dirait-on les parties modulantes l'acoustique, les composantes modulantes l'acoustique?

C.Q.F.D.

Line Gingras
Québec

« Musique classique - Dans les coulisses d'une nouvelle salle de concert » : http://www.ledevoir.com/2007/03/31/137650.html

08 avril 2007

Ceux qu'il y a eus...

Il y a eu; accord du participe passé du verbe impersonnel; accord du participe passé du verbe avoir, employé à la forme impersonnelle; grammaire française; orthographe d'accord.

« Candidat-vedette du PLQ dans Lac-Saint-Jean, Yves Bolduc croit que sa région a fait preuve d'ingratitude à l'endroit du gouvernement : "La population n'a pas su reconnaître [le travail de] M. Charest, tous les investissements qu'il y a eu au Saguenay-Lac-Saint-Jean..." » (Antoine Robitaille et Isabelle Porter.)

En lisant ce passage l'autre jour, j'ai tout de suite conclu qu'on avait été distrait : le participe passé employé avec l'auxiliaire avoir ne doit-il pas s'accorder avec le complément d'objet direct, si ce complément précède le verbe? Il y a eu quoi... des investissements, non?

J'avais négligé un détail : nous n'avons pas affaire ici à un participe passé « ordinaire », mais au participe passé d'un verbe employé à la forme impersonnelle. Et comme vous vous en doutez bien, une règle particulière s'applique : je lis en effet, dans le Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne de Hanse et Blampain, au point 3 de l'article sur l'accord du participe passé (page 417 de la quatrième édition), que le « participe passé des verbes impersonnels ou pris impersonnellement » est « toujours invariable, quel que soit l'auxiliaire » :

Les orages qu'il y a eu.

J'inaugure donc une nouvelle rubrique : Cultiver le doute. Car le doute est salutaire - et c'est Pâques aujourd'hui.

Line Gingras
Québec

« Les partis s'ajustent au "tsunami" adéquiste » : http://www.ledevoir.com/2007/03/30/137537.html

07 avril 2007

Un peu d'analyse

Infinitif ou participe passé; analyse logique; grammaire française; syntaxe du français; orthographe.

« Aujourd'hui divisé, le camp des démocrates a l'obligation de reprendre les choses là où il les a laissées il y a deux ans. Autrement dit, chacun d'entre eux se doit de mettre en sourdine ses accès de vanité pour mieux recomposer le front uni qu'ils avaient présenté à l'hiver 2004 et redonné espoir à une vaste majorité d'Ukrainiens. » (Serge Truffaut.)

Redonné, participe passé, se rattache à l'auxiliaire avoir, avec lequel il forme un plus-que-parfait de l'indicatif : ... le front uni qu'ils avaient [...] redonné espoir... Seulement, vous l'avez remarqué, cet énoncé n'a pas de sens. Ce qu'on a voulu dire, en fait, c'est que les démocrates doivent mettre en sourdine leurs accès de vanité pour mieux recomposer un front uni et pour redonner espoir à une vaste majorité d'Ukrainiens. Bien entendu, il n'est pas nécessaire de répéter la préposition; mais il faut montrer que c'est à elle que se rattache l'idée de redonner espoir - cela impose, évidemment, de mettre le verbe à l'infinitif.

Line Gingras
Québec

« L'orange pressée » : http://www.ledevoir.com/2007/04/04/138165.html

06 avril 2007

Ils se sont partagés le vote

Se partager quelque chose; accord du participe passé du verbe pronominal se partager; grammaire française; syntaxe du français; orthographe d'accord.

« ADQ et PQ se sont partagés le vote dans les régions du Québec. » (Pierre Duhamel.)

Lorsque le verbe pronominal a un complément d'objet direct, le participe passé s'accorde toujours avec ce complément, pourvu qu'il soit placé devant le verbe :

Ils se sont partagé l'héritage, les tableaux, les actions. (Chardonne, dans le Petit Robert.)

Ils se sont partagé les profits. (Multidictionnaire.)

Ils se sont partagé la responsabilité. (Hanse-Blampain.)

Les bénévoles n'ont pas eu de mal à accomplir les tâches qu'ils s'étaient partagées.

L'ADQ et le PQ ne se sont pas partagés eux-mêmes; ils ont partagé le vote entre eux :

ADQ et PQ se sont partagé le vote dans les régions du Québec.

Line Gingras
Québec

« Le Québec qui souffre vs le Québec qui paye » : http://forums.lactualite.com/advansis/?mod=for&act=di... 

05 avril 2007

De paire avec

De paire avec; de pair avec; aller de paire avec; aller de pair avec; orthographe; homonymes.

« Un cancer ne vient jamais seul. Souvent, il vient de paire avec une perte de poids et une détérioration des capacités fonctionnelles que les médecins désignent sous le terme de cachexie. » (Louise-Maude Rioux Soucy.)

On écrit les deux font la paire, mais aller de pair, marcher de pair, sans e final :

Le courage peut aller de pair avec la prudence. (Petit Robert.)

Ces deux programmes vont de pair. (Multidictionnaire.)

Ces deux choses (ou personnes) vont ou marchent de pair. (Hanse-Blampain.)

Son aventure va de pair avec la nôtre. (Hanse-Blampain.)

Je ne sache point d'aventure qui aille de pair avec la vôtre. (Marivaux, dans le Lexis.)

La concentration des habitations marche le plus souvent de pair avec la concentration des voies de circulation. Plus une ville est grande, plus le réseau des routes qui l'entoure est touffu. (Brunhes, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Je n'ai pas trouvé venir de pair dans les cinq ouvrages consultés. Je ne crois pas, cependant, qu'il y ait lieu de condamner cette expression. 

Line Gingras
Québec

« Médecine - Cancer : traiter les effets secondaires pour augmenter les chances de survie » : http://www.ledevoir.com/2007/04/04/138188.html

04 avril 2007

Un baudruche promotionnel

Un ou une baudruche; un baudruche; une baudruche; genre du nom baudruche; accord du participe passé employé avec avoir; grammaire française; syntaxe du français; orthographe d'accord.

« ... tout ça sentirait un peu trop la stratégie de mise en marché [...] le baudruche promotionnel menaçant d'éclater. Si c'était quelqu'un d'autre. » (Sylvain Cormier.)

D'après le Multidictionnaire, le Petit Robert, le Lexis et le Trésor de la langue française informatisé, baudruche est un nom féminin :

Théodule [...] passait sa vie à boire de la bière qui lui avait donné, à force de le gonfler et de le souffler, l'apparence comique et inquiétante d'une baudruche. (E. et J. de Goncourt, dans le Trésor.)

L'affaire s'est dégonflée comme une baudruche. (Petit Robert.)

Crever une baudruche (= dissiper les illusions). (Lexis.)

Ils lèvent leurs verres, ils trinquent à toutes sortes de grandes baudruches, mais tout de même à la paix, à la vie. (Aragon, dans le Trésor.)

* * * * *

« Fallait recevoir au plexus et dans les oreilles l'acclamation monstre qu'a servi_ à Bélanger ce public plus qu'heureux... »

Le participe passé employé avec avoir s'accorde en genre et en nombre avec le complément d'objet direct, si celui-ci précède le verbe. Et qu'est-ce ou qui est-ce qui a servi qui ou quoi, dans la phrase à l'étude? Si vous me dites que c'est l'acclamation qui a servi le public, je vous envoie réfléchir dans le coin, et vous serez privé de poutine - en fait c'est le public, ce public plus qu'heureux, qui a servi... quoi? une acclamation monstre (au chanteur Daniel Bélanger). Il fallait donc écrire, sans se laisser induire en erreur par l'inversion du sujet :

... l'acclamation monstre qu'a servie à Bélanger ce public plus qu'heureux...

Line Gingras
Québec

« Spectacle gratuit de Daniel Bélanger au Métropolis - Merci d'être là, et réciproquement » : http://www.ledevoir.com/2007/04/03/138082.html

03 avril 2007

À l'aulne de

À l'aulne de; à l'aune de; aulne et aune; orthographe; homonymes.

« Celui qui a la tâche titanesque de faire la promotion de la souveraineté à l'extérieur du cadre péquiste, Gérald Larose, pense lui aussi que tous les enjeux doivent être "traités systématiquement à l'aulne du projet à construire". » (Clairandrée Cauchy.)

D'après ce que je vois dans le Petit Robert, le Lexis et le Hanse-Blampain, on appelle un aulne ou un aune l'arbre « qui croît dans les lieux humides » (Petit Robert) :

L'aulne est l'arbre des eaux mortes et sombres. C'est la seule silhouette verticale qui peuple les plaines brumeuses du nord. (Tournier.)

L'ancienne mesure de longueur s'écrit cependant une aune, sans l :

Ce manteau a deux manches, longues d'environ une aune. (Baudelaire, dans le Lexis.)

Tirant une langue d'une aune. (France, dans le Petit Robert.)

Quand le vieux Schulz rentra, la figure longue d'une aune, et qu'il apprit de Salomé, qui venait aussi de rentrer, ce qui s'était passé, il fut dans la désolation : il faillit pleurer. (Rolland, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Mesurer les autres à son aune. (Petit Robert, Lexis et Trésor.)

Line Gingras
Québec

« La souveraineté peut-elle survivre? » : http://www.ledevoir.com/2007/03/31/137743.html

02 avril 2007

Il est normal que, il est juste que + indicatif

Il est juste que + indicatif ou subjonctif; il est normal que + indicatif ou subjonctif; choix du mode; voit ou voie; grammaire française; syntaxe du français.

« Comme s'il était normal et juste que le garçon qui attendait patiemment son tour pour jouer dans le grand club se voit donner l'occasion de démontrer enfin ses talents. » (Gil Courtemanche.)

Le Trésor de la langue française informatisé, aux articles « normal » et « juste », signale que les tours il est normal que et il est juste que sont suivis du subjonctif :

Comme le fait fut observé par des généticiens, il était normal qu'il fût interprété en terme génétique. (P. Morand.)

C'est le chat qui pense et qui agit, et il n'est que juste que ce chat soit, comme la chienne Pouffe, un être céleste. (France.)

Selon Wagner et Pinchon, on se sert du subjonctif « toutes les fois que dans un énoncé la prise en considération d'un fait, l'interprétation d'un fait l'emportent sur l'actualisation de ce fait ». Il me paraît imprudent de généraliser, mais je dirais que le subjonctif convient très souvent à l'expression d'un jugement, d'un sentiment, d'une volonté :

Il est utile que vous le fassiez le plus tôt possible. (Grevisse.)

Dans la phrase à l'étude, on a employé le présent de l'indicatif, voit, au lieu du présent du subjonctif, voie; il suffit de remplacer le verbe voir par le verbe avoir, qui ne se prononce pas de la même façon aux deux modes, pour se rendre compte que le subjonctif s'imposait :

Comme s'il était normal et juste que le garçon qui attendait patiemment son tour pour jouer dans le grand club ait l'occasion de démontrer enfin ses talents.

Line Gingras
Québec

« Jetables et remplaçables » : http://www.ledevoir.com/2007/03/31/137695.html 

01 avril 2007

Le voilà qu'il, le voici qu'il

Le voilà qu'il; le voici qu'ille voilà qui; voilà qu'ille voici qui; voici qu'il; grammaire française; syntaxe du français.
« Reconnu comme un grand orgueilleux hautain, le voilà qu'il faisait son mea-culpa... » (Antoine Robitaille.)

« Le voilà qu'il incarne le centre, lieu convoité entre tous par tout politicien occidental. »

Colin, Thomas, Girodet, Berthier et Colignon signalent que l'on peut très bien écrire le voici qui vient ou voici qu'il vient, le voilà qui arrive ou voilà qu'il arrive, mais qu'il faut éviter le tour redondant le voici qu'il vient, le voilà qu'il arrive :

Voici qu'il vient ou Le voici qui vient. (Hanse et Blampain.)

Voici qu'il commence à comprendre que. (Gide, dans le Petit Robert.)

Les voici qui arrivent, ce sont eux. (Petit Robert.)

Le voici qui rature [...] des pages imaginaires. (Maurois, dans le Petit Robert.)

Le voilà qui prend tout à coup le mors aux dents. (Diderot, dans le Petit Robert.)

Le voici qui monte enfin l'escalier. (Supervielle, dans le Colin.)

Le voilà qui se met à développer ce texte... (Chênedollé, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

La voici qui s'avance, son livre de prières à la main. (Musset, dans le Trésor.)

Le voici qui se détourne en marchant. (Bazin, dans le Trésor.)

Jean-Paul Colin « s'étonne de trouver sous la plume de Valéry » :

* Le voici qu'il ne peut plus se contenir dans l'étendue.

Line Gingras
Québec

« Du tumulte à l'espoir » : http://www.ledevoir.com/2007/03/24/136579.html