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11 janvier 2007

Qu'attend-t-on?

T intercalaire après un d; t euphonique après un d; lettre t intercalée après un d; troisième personne du singulier du présent de l'indicatif; pronom inversé; grammaire française; orthographe; conjugaison.

« Les politiciens veulent bien inciter, encourager, mais interdire? réglementer? Grands dieux, non! Alors, qu'attend-t-on? » (Josée Boileau.)

D'après le Hanse-Blampain, que j'ai consulté à l'article « t », le t euphonique, suivi d'un trait d'union, « n'intervient jamais après d » :

La camionneuse a-t-elle tenu sa résolution?
Notre amie joue-t-elle de la harpe tous les jours?

L'argument du premier ministre vous convainc-t-il?
André entend-il toutes les notes fausses?
Votre poule pond-elle vraiment des œufs d'or?

Il aurait fallu écrire :

Alors, qu'attend-on?

Line Gingras
Québec

« Vieille recette » : http://www.ledevoir.com/2007/01/10/126904.html

10 janvier 2007

L'irritation est dû...

Devoir; accord du participe passé du verbe devoir; accord de l'adjectif ; grammaire française; orthographe d'accord.

« L'irritation devant "l'accommodement raisonnable" et ses dérivés est dû_ en effet autant aux demandes qui sont faites à différentes institutions qu'aux réponses... » (Josée Boileau.)

Ainsi que nous l'avons vu hier, le participe passé du verbe devoir s'écrit au masculin singulier; la même règle s'applique à l'adjectif.  s'accorde cependant en genre et en nombre avec le nom ou le pronom auquel il se rapporte; en outre, au pluriel comme au féminin, il perd l'accent circonflexe :

N'oubliez pas les égards qui lui sont dus.

Ces hausses de température sont-elles dues au réchauffement de la planète?

Dans la phrase à l'étude, ce n'est pas « l'accommodement raisonnable » qui est dû aux demandes faites aux institutions, mais l'irritation que l'on éprouve :

L'irritation [...] est due en effet...

Line Gingras
Québec

« S'accommoder » : http://www.ledevoir.com/2007/01/03/126233.html 

09 janvier 2007

J'ai venu, j'ai vu, j'aurais du

Participe passé du verbe devoir; grammaire française; orthographe.

« Il y a des rétrospectives plus douloureuses que d'autres pour un chroniqueur politique. Celle de 2005 avait été particulièrement mortifiante. Imaginez, je n'avais venu venir ni la chute de Bernard Landry ni l'effondrement de l'empire libéral à Ottawa. » (Michel David.)

Mortifiant...

* * * * *

« Depuis la fondation de l'ADQ, j'ai du enterrer Mario Dumont une bonne demi-douzaine de fois. »

Au masculin singulier, le participe passé du verbe devoir prend un accent circonflexe :

... j'ai dû enterrer Mario Dumont...

Line Gingras
Québec

« Mea-culpa » : http://www.ledevoir.com/2007/01/09/126805.html

08 janvier 2007

Les sans-abris ou les sans-abri?

Pluriel de sans-abri; grammaire française; orthographe d'accord.

« Dès qu'approche le temps des Fêtes, les sans-abri et tous les mal-logés de France font les manchettes des médias. » (Christian Rioux.)

Dernière phrase du même article :

« Onze ans plus tard, les dites "réquisitions" se sont avérées impraticables et le nombre de sans-abris n'a guère diminué. »

Le Petit Robert et le Multidictionnaire donnent sans-abri pour un nom invariable :

L'hiver est très pénible pour les sans-abri. (Multidictionnaire.)

... un îlot insalubre où les sans-abri dormaient dans des cartons. (Queffélec, dans le Petit Robert.)

Le Hanse-Blampain, après avoir consigné un ou des sans-abri, apporte la précision suivante : « Les Rectifications de l'orthographe proposent de marquer le pluriel en mettant [...] un s au deuxième élément : des sans-abris... »

Quelle que soit la graphie que l'on adopte, il faut s'y tenir à l'intérieur d'un même texte.

Line Gingras
Québec

« Le logement est-il un droit? » : http://www.ledevoir.com/2007/01/04/126388.html

07 janvier 2007

L'esprit ou l'initiative?

« À la vitesse à laquelle évoluent les mœurs et les nouvelles techniques de reproduction, l'esprit d'initiative des cours peut devenir préoccupante... » (Manon Cornellier.)

Bien entendu, il peut arriver qu'une initiative soit préoccupante. Cependant, il est question dans cette phrase non pas d'une initiative en particulier, mais de l'esprit d'initiative. Le noyau de cette expression, c'est esprit; le complément initiative, non actualisé parce que non précédé d'un article ou d'un autre déterminant, joue un peu le rôle d'un adjectif qualificatif. C'est donc avec esprit que doit s'accorder l'attribut, préoccupant.

Line Gingras
Québec

« Mamma mia! » : http://www.ledevoir.com/2007/01/06/126607.html

06 janvier 2007

Elle s'est plaint

Elle s'est plaint ou elle s'est plainte; se plaindre; accord du participe passé du verbe pronominal se plaindre; grammaire française; orthographe d'accord.

« Le Canada et les États-Unis se sont entendus vendredi dernier sur le retour de Myriam Bédard au Québec pour faire face aux accusations criminelles qui pèsent contre elle. L'athlète s'est par la suite plaint_ de la lenteur des autorités canadiennes dans les démarches de rapatriement. » (PC.)

Le participe passé du verbe se plaindre, nous dit Marie-Éva de Villers, s'accorde avec le sujet du verbe :

Ils s'étaient plaints du retard. (Multidictionnaire.)
Elles se sont plaintes à leur maman. (Hanse-Blampain.)

Dans la phrase qui nous occupe, le sujet du verbe est le nom athlète, féminin parce qu'il désigne une femme :

L'athlète s'est par la suite plainte de la lenteur des autorités canadiennes...

Line Gingras
Québec

« Myriam Bédard est de retour au Québec après 13 jours en prison aux USA » : http://www.ledevoir.com/nouvelles-en-continu.html#ID:2386...

05 janvier 2007

Entre la poire et le dessert

« Ne me demandez pas pourquoi, entre la poire et le dessert, j'ai évoqué Monsieur Jourdain et sa célèbre propension à faire de la prose sans le savoir. » (Christian Rioux.)

Je soupçonne qu'on a voulu employer la locution entre la poire et le fromage, qui signifie « à la fin du repas, quand les propos deviennent moins sérieux » (Petit Robert), « au dessert, quand les propos sont plus libres » (Multidictionnaire) :

L'histoire continue et dit que le maréchal Molitor (...) invita son curé à dîner, et (...) entre la poire et le fromage il lui raconta naïvement les conseils qui lui avaient été donnés. (Delécluze, dans le Trésor de la langue française informatisé.) 

Line Gingras
Québec

« Monsieur Jourdain » : http://www.ledevoir.com/2007/01/05/126455.html

04 janvier 2007

Qui donc?

Sujet inversé; grammaire française; syntaxe du français.

« ... après quoi il a dit qu'il entendrait la requête pour remise en liberté que présenterait alors ses avocats. » (Alexandre Shields.)

Qui donc va présenter la requête, à votre avis? 

Line Gingras
Québec

« Myriam Bédard sera rapatriée aujourd'hui » : http://www.ledevoir.com/2007/01/04/126343.html

03 janvier 2007

Avoir le beau jeu

Avoir le beau jeu; avoir beau jeu; usage; grammaire française; syntaxe du français.

« Le premier ministre Jean Charest a eu le beau jeu en répliquant que la firme Moody's venait tout juste de relever d'un cran la cote de crédit du Québec après l'avoir augmentée en juin dernier. » (Robert Dutrisac.)

Aucun des onze ouvrages consultés ne donne l'expression figurée avoir le beau jeu. On relève par contre avoir beau jeu, qui signifie « se trouver dans des conditions idéales pour faire quelque chose » (Multidictionnaire). Cette locution peut être suivie, d'après le Lexis, de la préposition de ou pour (introduisant un infinitif) :

Ils ont beau jeu de nous faire croire n'importe quoi. (Multidictionnaire.)

On aurait beau jeu de répondre que plus d'un seigneur a dû jadis son fief aux sacs d'écus d'un père usurier. (Bernanos, dans le Lexis.)

Comme les Danton, les Robespierre, les Marat dormaient en paix, les soldats allaient avoir beau jeu. (Erckmann-Chatrian, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

On aurait pu écrire, il me semble :

Le premier ministre Jean Charest a eu beau jeu de répliquer...  

Line Gingras
Québec

« Une accusation qui tombe à plat » : http://www.ledevoir.com/2006/11/15/122884.html

02 janvier 2007

Adversité

Adversité; usage.

« En lui confiant le poste de chef adjoint, M. Dion prend modèle sur le comportement adopté par Jean Chrétien envers Paul Martin au lendemain du congrès qui l'avait élu chef en 1990. Néanmoins, l'adversité entre les deux hommes devait persister et même s'accentuer. » (Bernard Descôteaux.)

Adversité s'emploie dans la langue littéraire, au sens de « Sort contraire, circonstances malheureuses (deuil, revers de fortune, etc.) s'imposant comme une épreuve à subir ou à surmonter » (Trésor de la langue française informatisé) :

Il est possible d'être homme même dans l'adversité. (Sartre, dans le Petit Robert.)

J'ai su payer par des années d'adversité quelques erreurs de jeunesse. (Cendrars, dans le Lexis.)

Je suis fait ainsi : l'infortune me séduit, l'adversité m'attire. (Sandeau, dans le Trésor.)

Mais je constate [...] que dans l'adversité, ou du moins dans les grandes circonstances de la vie, chacun de nous trouve dans l'Église son plus parfait bien-être. (Barrès, dans le Trésor.)

D'après les résultats de mes recherches, ce nom, synonyme de « malheur », « malchance », « infortune », ne s'applique pas à la situation de personnes qui s'opposent comme adversaires. Dans la phrase à l'étude, on aurait pu parler de rivalité ou d'antagonisme.

Line Gingras
Québec

« Des premiers pas incertains » : http://www.ledevoir.com/2006/12/22/125660.html

01 janvier 2007

Se souvenir + infinitif

Se souvenir + verbe à l'infinitif;  se souvenir, se souvenir de; grammaire française; syntaxe du français.

« ... je me souviens avoir regardé le passage du chanteur Corneille à l'émission de Véronique Cloutier... » (Bruno Guglielminetti.)

« Je me souviens avoir talonné sans succès Robert Charlebois, à deux semaines du référendum de 1995, pour lui arracher une déclaration sur la souveraineté. » (Christian Rioux.)

Le verbe se souvenir, lorsqu'il a pour complément un nom ou un pronom, s'emploie avec la préposition de :

Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure
(Verlaine, Chanson d'automne.)

N'est-ce pas la même chose s'il est suivi d'un infinitif?

Je trouve en effet un bon nombre d'exemples où l'infinitif complément est précédé de la préposition :

Nous nous souvînmes de n'avoir regardé qu'imparfaitement. (Baudelaire, dans le Petit Robert.)

Je ne me souviens pas d'avoir cueilli ces fleurs. (Duras, dans le Lexis.)

Martine se souvenait d'être descendue de voiture. (Simenon, dans le Colin.)

Je me souvenais bien d'avoir quelque chose à te dire... (Gide, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Le tour sans préposition, dans lequel le Colin, le Girodet et le Trésor voient une analogie avec se rappeler, serait à éviter dans la langue surveillée, selon Girodet. J'en ai relevé cependant plusieurs exemples, tous avec un infinitif passé, dans les dix ouvrages consultés; Hanse et Blampain ne critiquent pas cette construction, qu'ils donnent pour fréquente :

... je me souviens avoir emprunté mon texte au prophète Isaïe... (Marrou, dans le Trésor.)

Il ne doit pas se souvenir nous avoir dit qu'elle demeurait à deux kilomètres de là. (Proust, dans le Colin.)

Je me souvins l'avoir regardé de la véranda. (Green, dans le Petit Robert.)

Les deux phrases à l'étude, où se souvenir est suivi directement d'un infinitif passé, sans de, sont donc correctes.

Line Gingras
Québec

« Technologie - La télévision, sans téléviseur » : http://www.ledevoir.com/2006/05/23/109745.html?338
« Perspectives - Le parler "vrai" de Jean Charest » : http://www.ledevoir.com/cgi-bin/ledevoirredir.cgi?http://www.ledevoir.com/2006/07/11/113415.html?338