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31 janvier 2015

Qu'est-ce qui représente un « cri de liberté »?

  • Melina était une femme de gauche. Pas de la gauche radicale comme celle qui a été élue la fin de semaine dernière, mais la gauche que ses amis français souhaitaient, celle d’Yves Montand et Simone Signoret par exemple. Je crois malgré tout qu’elle serait heureuse de l’élection qui vient d’avoir lieu pour le cri de liberté qu’il représente contre les abus de ceux qui possèdent le pouvoir et qui en abusent trop souvent.
    (Lise Payette, dans Le Devoir du 30 janvier 2015.)

Je ne vois pas ce qui peut représenter un cri de liberté, si ce n'est l'élection :

Je crois malgré tout qu’elle serait heureuse de l’élection qui vient d’avoir lieu pour le cri de liberté qu’elle représente contre les abus de ceux qui possèdent le pouvoir et qui en abusent trop souvent.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« L’austérité, ça ne marche pas! » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/430332/l-austeri...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

30 janvier 2015

Comment?

Comment et l'inversion du sujet dans l'interrogation directe; grammaire française; syntaxe.
Première Guerre mondiale, Deuxième Guerre mondiale, Seconde Guerre mondiale; majuscule ou minuscule.

  • Comment est-ce que cette campagne de haine a-t-elle pu se mettre en marche en Allemagne?
    (Le Devoir, le 23 janvier 2015 à 17 h 33.)

Deux possibilités :

Comment est-ce que cette campagne de haine a pu se mettre en marche en Allemagne?

Comment est-ce que cette campagne de haine a-t-elle pu se mettre en marche en Allemagne?

  • Et depuis la Seconde guerre mondiale, comment les cinéastes ont dépeint la Shoah?

Et depuis la Seconde Guerre mondiale, comment les cinéastes ont-ils dépeint la Shoah?

On écrit, avec deux majuscules, la Première Guerre mondiale, la Deuxième Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale. (Voir par exemple le Petit Robert, à l'article « guerre ».)

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
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« Auschwitz, 70 ans plus tard : le souvenir de l’horreur » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/429...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

28 janvier 2015

On considère la tolérance une vertu

Considérer, considérer comme + attribut; grammaire française; syntaxe.
Damner le pion ou damer le pion; paronymes.

  • On en a marre de se faire traiter de pleutres parce que l’on considère la tolérance, non seulement une vertu, mais comme une bonne façon de concevoir la démocratie.
    (Francine Pelletier, dans Le Devoir du 28 janvier 2015.)

D'après ce que je vois dans le Petit Robert, le Multidictionnaire et le Hanse-Blampain, le verbe considérer, employé au sens de « juger », « estimer », introduit un attribut (attribut du complément d'objet direct à la voix active ou pronominale, ou du sujet à la voix passive) qui doit être précédé de comme, bien que la construction sans comme soit fréquente :

Je considère cela comme impossible. (Hanse-Blampain.)

Il se considère comme l'héritier légitime. (Hanse-Blampain.)

Le directeur la considère comme compétente. (Multidictionnaire.)

Il considère cette théorie comme une absurdité. (Petit Robert.)

La répétitivité des tâches est considérée comme un facteur aggravant l'absentéisme [...] (Grand Robert, « absentéisme ».)

Il fallait écrire :

On en a marre de se faire traiter de pleutres parce que l’on considère la tolérance non seulement comme une vertu, mais comme une bonne façon de concevoir la démocratie.

* * * * *

  • D’ailleurs, malgré les prétentions contraires, la France n’est pas LE pays de la liberté d’expression; les États-Unis, grâce à leur premier amendement constitutionnel, lui damnent le pion à cet égard.

« Enfer et damnation! », pourrait s'écrier celui à qui l'on vient de damer le pion. Damer signifie au sens propre, dans la langue des dames et des échecs, « transformer (un pion) en dame, ou en une figure de son camp ». Damer le pion à quelqu'un, c'est « l'emporter sur lui, le surpasser, répondre victorieusement à ses attaques ». (Source : Petit Robert.)

Il fallait écrire :

D’ailleurs, malgré les prétentions contraires, la France n’est pas LE pays de la liberté d’expression; les États-Unis, grâce à leur premier amendement constitutionnel, lui dament le pion à cet égard.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Laïcité, prise 2 » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/430...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

27 janvier 2015

Quelle affaire!

  • Au nom du patriotisme et de la liberté d’expression, des foules occidentales en ruée vers le douteux film The Interview se seraient-elles fait manipuler à leur tour? Il est facile d’identifier un bon et un méchant quand un film se voit menacé de censure. Surtout s’il met en cause la Corée du Nord, terrible dictature, contre les États-Unis, qui posent en champions de la démocratie. Mais en cette affaire, nos puissants voisins du Sud semblent moins nets qu’il n’y paraît et l’affaire, plus complexe.
    (Odile Tremblay, dans Le Devoir du 31 décembre 2014.)

En cette affaire, l'affaire? Je suggérerais :

Mais en cette affaire, nos puissants voisins du Sud semblent moins nets qu’il n’y paraît et la réalité, plus complexe.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Entre propagande et désinformation » : http://www.ledevoir.com/culture/cinema/427927/the-intervi...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

26 janvier 2015

Abandon

  • Au printemps, les Allemands envahissent aussi le village de Michael, abandonnés par l’armée russe.
    (Isabelle Paré, dans Le Devoir du 24 janvier 2015.)

Ce ne sont pas les Allemands qui ont été abandonnés par l'armée russe, mais le village :

Au printemps, les Allemands envahissent aussi le village de Michael, abandonné par l’armée russe.

* * * * *

  • [...] des bataillons de miliciens chargés d’éliminer les Juifs, les Tziganes, les handicapés, les Russes et tous les opposants au IIIe Reich en l’Europe de l’Est.

On dit en Amérique du Nord, et non pas en l'Amérique du Nord :

[...] des bataillons de miliciens chargés d’éliminer les Juifs, les Tziganes, les handicapés, les Russes et tous les opposants au IIIe Reich en Europe de l’Est.

* * * * *

  • Grâce à son polonais sans accent et ses yeux bleus, Arthur survivra à la contrebande, en rampant dans des tunnels clandestins pour aller et venir du ghetto, comme d’autres enfants qui blanchissent leurs cheveux au peroxyde pour se donner l’air de vrais Polonais.

Deux observations :

  1. La préposition à se répète normalement devant chacun des compléments.
  2. On peut venir du ghetto, mais on ne peut pas aller du ghetto (sauf dans une tournure du type aller de Québec à Montréal).

Je suggérerais :

Grâce à son polonais sans accent et à ses yeux bleus, Arthur survivra à la contrebande, en rampant dans des tunnels clandestins pour sortir du ghetto et y rentrer, comme d’autres enfants qui blanchissent leurs cheveux au peroxyde pour se donner l’air de vrais Polonais.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Survivre à l'horreur » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/429...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

25 janvier 2015

Un renvoie devant un juge

Un renvoie ou un renvoi; orthographe.

  • Elle requiert huit mois de prison, « ce qui [lui] paraît justifié », ainsi qu’un renvoie devant un juge d’application des peines.
    (Hélène Deplanque dans le site de Libération, le 20 janvier 2015 à 17 h 1.)

Nous n'avons pas affaire au verbe renvoyer, mais au nom renvoi :

Ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel. (Petit Robert.)

Elle requiert huit mois de prison, « ce qui [lui] paraît justifié », ainsi qu’un renvoi devant un juge d’application des peines.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« "Le tribunal a jugé votre comportement inadmissible, compte tenu des faits récents d'attentat" » : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/20/le-tribunal-a...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

23 janvier 2015

Odieux

  • On peut certes trouver odieux la tentative de récupération de cet événement tragique par le parti de M. Harper [...]
    (Amir Khadir, dans Le Devoir du 14 janvier 2015.)

On peut trouver que la tentative de récupération est odieuse; on peut trouver la tentative odieuse. L'adjectif attribut du complément d'objet direct doit s'accorder avec ce complément, même s'il y a inversion :

On peut certes trouver odieuse la tentative de récupération de cet événement tragique par le parti de M. Harper [...]

* * * * *

  • Mais je voudrais nous rappeler qu’un régime similaire existe déjà. Il s’appelle l’Arabie saoudite. , pour la seule période du 4 et 22 août 2014, Amnistie internationale y dénonce pas moins de 22 exécutions, la plupart par décapitation!

Trois observations :

  1. Je ne dirais pas que le régime s'appelle l'Arabie saoudite, mais qu'il est celui de l'Arabie saoudite.
  2. Il s'agit évidemment de la période du 4 au 22 août.
  3. Les pronoms et y font double emploi.

On aurait pu écrire :

Mais je voudrais nous rappeler qu’un régime similaire existe déjà. C'est celui de l’Arabie saoudite. , pour la seule période du 4 au 22 août 2014, Amnistie internationale y dénonce pas moins de 22 exécutions, la plupart par décapitation!

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Un "Charlie" nommé Badawi » : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/428819/un-charli...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

22 janvier 2015

L'adjectif ne remplace pas le nom

  • Il y a subtilement la tentation de faire porter aux victimes un peu du poids d'assassinats insensés. De leur trouver une logique, comme si on avait pu les éviter. Il y a risque d'internaliser la mécanique terroriste, de les croire sur parole.
    (Yves Boisvert, dans La Presse du 10 janvier 2015.)

Il y a risque de croire non pas les victimes, non pas les assassinats, mais les terroristes; cependant, l'adjectif terroriste ne peut pas renvoyer au nom. Je suggérerais :

Il y a risque d'internaliser la mécanique terroriste, de croire les tueurs sur parole.

* * * * *

  • Ce qui est visé, ce n'est pas la politique de Harper ou d'Obama ou des socialistes françaisun des seuls pays occidentaux à avoir soutenu les démarches de l'Autorité palestinienne, par exemple.

Les socialistes et autres -istes, de quelque nationalité qu'ils soient, ne sont pas un pays; les adjectifs de nationalité non plus. On pouvait écrire :

Ce qui est visé, ce n'est pas la politique de Harper ou d'Obama ou des socialistes français – la France est un des seuls pays occidentaux à avoir soutenu les démarches de l'Autorité palestinienne, par exemple.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« C'est le fanatisme, pas la religion » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/yves-boisvert/20...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

21 janvier 2015

Les pays musulmans et ses fatwas

  • Deux semaines après les attentats contre Charlie Hebdo, il est de plus en plus tentant de voir le monde divisé en deux : l’Occident et ses libertés d’un côté, les pays musulmans et ses fatwas de l’autre.
    (Francine Pelletier, dans Le Devoir du 21 janvier 2015.)

Deux possibilités :

[...] l’Occident et ses libertés d’un côté, les pays musulmans et leurs fatwas de l’autre.

[...] l’Occident et ses libertés d’un côté, le monde musulman et ses fatwas de l’autre.

* * * * *

  • Notre incapacité de juger adéquatement des événements est particulièrement mise à épreuve maintenant qu’arrive ce qui ne devait pas arriver : le combat terrestre.

D'après tous les exemples que je trouve dans le Petit Robert, on dit et on écrit mise à l'épreuve. Par ailleurs, il me semble que c'est notre capacité, plutôt que notre incapacité de juger adéquatement, qui est mise à l'épreuve, c'est-à-dire qui est soumise à un test devant permettre de se faire une opinion sur sa valeur :

Notre capacité de juger adéquatement des événements est particulièrement mise à l'épreuve maintenant qu’arrive ce qui ne devait pas arriver : le combat terrestre.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Le choc des civilisations » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internat...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

20 janvier 2015

Il se moque

  • Il se moque des économistes qui se proposent de quantifier le bonheur avec le PIB, et les altermondialistes qui en font autant du développement durable.
    (David Desjardins, dans Le Devoir du 17 janvier 2015.)

Il ne s'agit pas de quantifier les altermondialistes, mais de se moquer d'eux :

Il se moque des économistes qui se proposent de quantifier le bonheur avec le PIB, et des altermondialistes qui en font autant du développement durable.

* * * * *

  • Et que l’on se rend compte que, malgré toute notre volonté de demeurer critique, la morale qu’elle sous-tend nous a souvent infectés.

Le sujet implicite de demeurer, verbe attributif, c'est nous (un nous pluriel, comme l'indique l'accord du participe infectés) :

Et que l’on se rend compte que, malgré toute notre volonté de demeurer critiques, la morale qu’elle sous-tend nous a souvent infectés.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Leur règne absolu » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/429...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

18 janvier 2015

Provocation

  • Il fallait quitter le quartier pour entendre des couacs. Le chauffeur de taxi iranien a abordé le sujet en premier. En gros, il avait été révolté par les meurtres de Charlie Hebdo, tout en trouvant, comme d’autres le chuchotent, qu’ils avaient trop provoqué les extrémistes. Et joué leur jeu.
    (Odile Tremblay, dans Le Devoir du 17 janvier 2015.)

Ils? Non, ce ne sont pas les meurtres qui « avaient trop provoqué les extrémistes ». Je suggérerais :

En gros, il avait été révolté par les meurtres de Charlie Hebdo, tout en trouvant, comme d’autres le chuchotent, que ses artisans avaient trop provoqué les extrémistes.

En gros, il avait été révolté par les meurtres de Charlie Hebdo, tout en trouvant, comme d’autres le chuchotent, que la publication avait trop provoqué les extrémistes.

Il est vrai que, si des articles réclamant une plus grande liberté de religion valent mille coups de fouet à leur auteur, et dix ans de prison, et dix ans d'interdiction de voyage, et 300 000 $ d'amende...

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Sous le crachin et les roses de Charlie » : http://www.ledevoir.com/culture/cinema/429078/sous-le-cra...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

16 janvier 2015

De fait

  • L’attentat sordide et 12 fois mortel commis par deux abrutis contre les bureaux de Charlie Hebdo n’a pas manqué de fait ressortir ces profiteurs de l’horreur qui ont pris des formes assez étonnantes et parfois même bizarres dans les derniers jours.
    (Fabien Deglise, dans Le Devoir du 12 janvier 2015.)

L’attentat sordide et 12 fois mortel commis par deux abrutis contre les bureaux de Charlie Hebdo n’a pas manqué de faire ressortir ces profiteurs de l’horreur, qui ont pris des formes assez étonnantes et parfois même bizarres dans les derniers jours.

* * * * *

  • [...] pour leur faire comprendre que les gestes guidés par la connerie n’ont pas toujours besoin d’être armés et teintés de références religieuses plus ou moins foireuses, pour être lourd de conséquences.

Le sujet implicite du verbe être, avec lequel doit s'accorder l'attribut lourd, c'est gestes :

[...] pour leur faire comprendre que les gestes guidés par la connerie n’ont pas toujours besoin d’être armés et teintés de références religieuses plus ou moins foireuses, pour être lourds de conséquences.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Mort aux enfumeurs » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/428...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

13 janvier 2015

Grosse fatigue

  • Mais trop manger, trop boire et se coucher tard pendant 15 jours, sans arrêt, ça tue. Ça tue, mais vous êtes trop fatigués pour mourir. Vous êtes un zombie.
    (Stéphane Laporte, dans La Presse du 3 janvier 2015.)

Un zombie ne peut être fatigué qu'au singulier :

Mais trop manger, trop boire et se coucher tard pendant 15 jours, sans arrêt, ça tue. Ça tue, mais vous êtes trop fatigué pour mourir. Vous êtes un zombie.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Le vide du 3 janvier » : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/stephane-laporte...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

11 janvier 2015

Qu'est-ce qu'on attend?

  • On me dira que cette violence faite à l’intelligence n’est pas du même ordre qu’un attendant sanglant.
    (Jean-François Nadeau, dans Le Devoir du 8 janvier 2015.)

Un attentat attendu?

On me dira que cette violence faite à l’intelligence n’est pas du même ordre qu’un attentat sanglant.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
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« Bête et méchant » : http://www.ledevoir.com/international/europe/428361/bete-...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

10 janvier 2015

Chantons en coeur

  • À la fin du discours, les participants [...] ont chanté en cœur La marseillaise.
    (Daphnée Hacker-B., dans Le Devoir du 8 janvier 2015.)

L'hymne national français, que l'on chante en chœur avec cœur, prend deux majuscules, selon le Petit Robert :

À la fin du discours, les participants [...] ont chanté en chœur La Marseillaise.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« Des milliers de "Charlie" rendent hommage » : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/428...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

08 janvier 2015

Exprimez-vous

  • Durant ce temps, les suspects ont été identifiés comme étant Saïd et Cherif Kouachi, deux frères de 32 et 34 ans, de même que de Hamyd Mourad (18 ans), qui aurait agi comme chauffeur.
    (Christian Rioux, dans Le Devoir du 8 janvier 2015.)

... identifiés comme étant... de Hamyd Mourad? On pouvait écrire :

Durant [ou Pendant] ce temps, les suspects ont été identifiés comme étant Saïd et Cherif Kouachi, deux frères de 32 et 34 ans, de même que de Hamyd Mourad (18 ans), qui aurait agi comme chauffeur.

Durant [ou Pendant] ce temps, les suspects ont été identifiés : il s'agit de Saïd et Cherif Kouachi, deux frères de 32 et 34 ans, de même que de Hamyd Mourad (18 ans), qui aurait agi comme chauffeur.

* * * * *

  • La presse française et internationale a exprimé sa solidarité avec l’hebdomadaire. « Nous sommes tous Français », a déclaré en français le président du Conseil italien, Matteo Renzi. Même le secrétaire d’État américain, John Kerry, s’est exprimé pour l’occasion dans la langue de Molière. Les premiers ministres canadien et québécois ont aussi exprimé leur solidarité.

Tâchons de varier un peu l'expression :

La presse française et internationale a manifesté sa solidarité avec l’hebdomadaire. « Nous sommes tous Français », a déclaré en français le président du Conseil italien, Matteo Renzi. Même le secrétaire d’État américain, John Kerry, s’est exprimé pour l’occasion dans la langue de Molière. Les premiers ministres canadien et québécois ont aussi affirmé leur solidarité.

Line Gingras
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« La France visée en plein cœur » : http://www.ledevoir.com/international/europe/428362/atten...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

07 janvier 2015

De la lecture et de la relecture

  • La résolution du PLQ met en lumière l’existence de moyens prometteurs, renvoyant à des expériences d’implantation d’approches efficaces pour l’enseignement de la lecture lors d’expériences qui ont eu lieu au Québec et qui ont justement permis de réduire de façon significative le nombre d’élèves considérés comme en difficulté en lecture, et de réduire les écarts de réussite en filles et garçons et entre élèves issus de milieux favorisés et défavorisés.
    (Marc St-Pierre, dans Le Devoir du 15 décembre 2014.)

Je proposerais :

La résolution du PLQ met en lumière l’existence de moyens prometteurs, renvoyant à des expériences d’implantation d’approches efficaces pour l’enseignement de la lecture lors d’expériences qui ont eu lieu au Québec et qui ont justement permis de réduire de façon significative le nombre d’élèves considérés comme en difficulté en lecture, et de réduire les écarts de réussite entre filles et garçons et entre élèves issus de milieux favorisés et défavorisés.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Un plan pour l’amélioration du français : du neuf enfin? » : http://www.ledevoir.com/societe/education/426710/un-plan-...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

05 janvier 2015

Une entente que prévoit une allocation

  • Aux prises avec une dette de 800 000 $ envers le propriétaire, le RPC a conclu une entente avec ce dernier que prévoit une allocation (une forme de prêt) d’un million de dollars à rembourser sur 25 ans à un taux de 6 % pour les sept premières années.
    (Frédérique Doyon, dans Le Devoir du 10 décembre 2014.)

Ce n'est pas l'allocation qui prévoit une entente, mais l'entente qui prévoit une allocation :

Aux prises avec une dette de 800 000 $ envers le propriétaire, le RPC a conclu une entente avec ce dernier qui prévoit une allocation (une forme de prêt) d’un million de dollars à rembourser sur 25 ans à un taux de 6 % pour les sept premières années.

Il serait souhaitable, par ailleurs, de rapprocher le pronom relatif de son antécédent :

Aux prises avec une dette de 800 000 $ envers le propriétaire, le RPC a conclu avec ce dernier une entente qui prévoit une allocation (une forme de prêt) d’un million de dollars à rembourser sur 25 ans, à un taux de 6 % pour les sept premières années.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
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« Des locataires du regroupement Pied carré déchantent » : http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/42...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

03 janvier 2015

Près de 2000 personnes, en majorité originaire de Syrie

En majorité; grammaire française; orthographe d'accord.

  • Pas moins de trois cargos, chargés au total de près de 2000 personnes, hommes, femmes et enfants, en majorité originaire de Syrie [...]
    (Alfonso Di Vincenzo, AFP, dans le site du Devoir, le 3 janvier 2015 à 9 h 47.)

On pourrait écrire que la majorité de ces personnes est originaire (ou sont originaires) de Syrie, mais l'accord de l'adjectif originaire ne peut se faire avec l'expression en majorité, qui joue le rôle d'un adverbe :

État de la matière portée à très haute température, où les atomes sont en majorité ionisés. (Deuxième définition de « plasma » dans le Petit Robert.)

Il faudrait lire :

Pas moins de trois cargos, chargés au total de près de 2000 personnes, hommes, femmes et enfants, en majorité originaires de Syrie [...]

* * * * *

  • Un cargo est affrété par les trafiquants, chargé de centaines de migrants, essentiellement des Syriens fuyant la guerre dans leurs pays.

Un cargo est affrété par les trafiquants, chargé de centaines de migrants, essentiellement des Syriens fuyant la guerre dans leur pays.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
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« Un troisième cargo secouru par la marine italienne » : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internat...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

02 janvier 2015

« Bye Bye 2014 »

  • La réussite de la majorité des séquences de ce Bye Bye 2014 en font un très bon cru des années post-RBO (2007) : on a ri de Lise Thibault [...]
    (Christophe Huss dans le site du Devoir, le 1er janvier 2015 à 12 h 22.)

La réussite de la majorité des séquences de ce Bye Bye 2014 en fait un très bon cru des années post-RBO (2007) : on a ri de Lise Thibault [...]

* * * * *

  • Dans ce cadre, le pire advient lorsqu'est donnée une telle importance aux pires miasmes de la sous-culture télévisuelle, que ce sont La Voix (présence d'un dénommé Yoan) ou, surtout, l'insistante et récurrente présence de Jean Airoldi, qui, sur une chaine du câble (Canal Vie), présente une émission du genre Pimp mon char, mais avec des êtres humains – des femmes en l'occurrence, enfermées dans une cage en plexiglas au cœur d'un centre commercial et auxquelles les passants attribuent un âge.

Il faudrait apporter au moins les corrections suivantes :

Dans ce cadre, le pire advient lorsqu'est donnée une telle importance aux pires miasmes de la sous-culture télévisuelle, que ce soient [ou que ce soit*] La Voix (participation d'un dénommé Yoan) ou, surtout, l'insistante et récurrente apparition de Jean Airoldi, qui, sur une chaine du câble (Canal Vie), présente une émission [...]

À mon avis, l'idéal serait toutefois de reformuler, de manière principalement que les deux émissions soient les éléments coordonnés par la conjonction ou. Je suggérerais peut-être, en espérant avoir bien compris ce que le critique voulait dire :

Dans ce cadre, le pire advient lorsqu'on accorde une importance exagérée aux pires miasmes de la sous-culture télévisuelle, qu'il s'agisse de La Voix (participation d'un dénommé Yoan) ou, surtout, d'une émission du genre Pimp mon char (présentée par Jean Airoldi, qui apparaît de façon insistante et récurrente sur une chaine du câble, Canal Vie), où les voitures sont remplacées par des êtres humains, des femmes en l'occurrence, enfermées dans une cage en plexiglas au cœur d'un centre commercial et auxquelles les passants attribuent un âge.

* * * * *

  • Voir donné une quelconque consistance – même pour s'en moquer - à cet avilissant infomercial*** pour la denturologie et le Botox, un mois après les allocutions féministes à l'occasion du 25 anniversaire de Polytechnique, fait froid dans le dos.

On pouvait écrire, selon qu'on voulait montrer l'action ou le résultat de l'action :

Voir donner une quelconque consistance – même pour s'en moquer – à cet avilissant infomercial*** pour la denturologie et le Botox, un mois après les allocutions féministes à l'occasion du 25e** anniversaire de Polytechnique, fait froid dans le dos.

Voir donnée** une quelconque consistance – même pour s'en moquer – à cet avilissant infomercial*** pour la denturologie et le Botox, un mois après les allocutions féministes à l'occasion du 25e** anniversaire de Polytechnique, fait froid dans le dos.

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

* Le 2 janvier 2015 à 13 h 30, je vois que cette correction a été apportée.
** Le 10 janvier 2015 à 2 h, je vois que cette correction a été apportée.
*** Le 10 janvier 2015 à 2 h, je vois que l'on a remplacé cet avilissant infomercial par cet avilissant infopublicité; bien entendu, il fallait faire l'accord : cette avilissante infopublicité.

« "Bye Bye 2014" - De la glace avec ça? » : http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/42...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.

01 janvier 2015

Ils se sont traduit par la désaffectation des électorats...

Désaffectation, désaffection; paronymes; usage; ils se sont traduit, ils se sont traduits; elle s'est traduit, elle s'est traduite; elles se sont traduit, elles se sont traduites; se traduire, accord du participe passé du verbe pronominal; grammaire française; orthographe d'accord.

  • Nous avons perdu, d’assurer ces derniers, les récentes élections présidentielles à cause des « hurlements » du Tea Party qui se sont traduit, au ras des pâquerettes, par la désaffectation des électorats féminin et hispanique.
    (Serge Truffaut, dans Le Devoir du 31 décembre 2014.)

Deux observations :

  1. D'après ce que je vois dans le Multidictionnaire et dans le Petit Robert, le participe passé du verbe pronominal se traduire « s'accorde toujours en genre et en nombre avec le sujet » (Multidictionnaire) :

    Sa politique s'est traduite par un échec. (Petit Robert.)

  2. Selon le Multidictionnaire, le Petit Robert, le Grand Robert et le Trésor de la langue française informatisé, on appelle désaffectation le « changement de destination d'un immeuble » (Multidictionnaire) :

    La désaffectation d'une gare, d'un immeuble domanial. (Grand Robert.)

    Au sens de « perte de l'affection, de l'attachement, de l'estime ou de l'intérêt » que l'on éprouvait pour quelqu'un, ou plus souvent pour quelque chose, c'est désaffection qu'il faut employer :


    La désaffection du public pour le cinéma. (Petit Robert.)

    La désaffection à l'égard d'une institution. (Petit Robert.)

    La désaffection du peuple pour un régime, d'une personne pour une autre. (Grand Robert.)

    Une désaffection à l'égard du régime et un déclin de la moralité civique. (Meynaud, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Il fallait écrire :

Nous avons perdu, d’assurer ces derniers, les récentes élections présidentielles à cause des « hurlements » du Tea Party qui se sont traduits, au ras des pâquerettes, par la désaffection des électorats féminin et hispanique.

* * * * *

  • [...] c’est qu’il a en tête un plan d’attaque composée à l’enseigne d’une agressivité différente [...]

Je dirais que ce n'est pas l'attaque qui est composée, mais le plan d'attaque :

[...] c’est qu’il a en tête un plan d’attaque composé à l’enseigne d’une agressivité différente [...]

Line Gingras
Traductrice agréée (OTTIAQ, ATIO)
Réviseure pigiste
Québec

« La position du chef » : http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/427898/l...

Il n'y a pas que ce que l'on dit; la manière dont on le dit, c'est un message aussi.