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01 avril 2007

Le voilà qu'il, le voici qu'il

Le voilà qu'il; le voici qu'ille voilà qui; voilà qu'ille voici qui; voici qu'il; grammaire française; syntaxe du français.
« Reconnu comme un grand orgueilleux hautain, le voilà qu'il faisait son mea-culpa... » (Antoine Robitaille.)

« Le voilà qu'il incarne le centre, lieu convoité entre tous par tout politicien occidental. »

Colin, Thomas, Girodet, Berthier et Colignon signalent que l'on peut très bien écrire le voici qui vient ou voici qu'il vient, le voilà qui arrive ou voilà qu'il arrive, mais qu'il faut éviter le tour redondant le voici qu'il vient, le voilà qu'il arrive :

Voici qu'il vient ou Le voici qui vient. (Hanse et Blampain.)

Voici qu'il commence à comprendre que. (Gide, dans le Petit Robert.)

Les voici qui arrivent, ce sont eux. (Petit Robert.)

Le voici qui rature [...] des pages imaginaires. (Maurois, dans le Petit Robert.)

Le voilà qui prend tout à coup le mors aux dents. (Diderot, dans le Petit Robert.)

Le voici qui monte enfin l'escalier. (Supervielle, dans le Colin.)

Le voilà qui se met à développer ce texte... (Chênedollé, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

La voici qui s'avance, son livre de prières à la main. (Musset, dans le Trésor.)

Le voici qui se détourne en marchant. (Bazin, dans le Trésor.)

Jean-Paul Colin « s'étonne de trouver sous la plume de Valéry » :

* Le voici qu'il ne peut plus se contenir dans l'étendue.

Line Gingras
Québec

« Du tumulte à l'espoir » : http://www.ledevoir.com/2007/03/24/136579.html 

31 mars 2007

Hocher de la tête

Hocher la tête; hocher de la tête; grammaire française; syntaxe du français.

« À la description du programme de l'ADQ, mes interlocuteurs hochaient de la tête et se sentaient en terrain connu. » (Christian Rioux.)

Le Petit Robert, le Multidictionnaire, le Lexis et le Trésor de la langue française informatisé donnent hocher pour un verbe transitif et reçoivent la locution hocher la tête, sans de :

Il hocha silencieusement la tête de droite à gauche, comme s'il se refusait quelque chose. (Hugo, dans le Petit Robert.)

Elle hochait la tête, pensive et maléfique. (Pagnol, dans le Lexis.)

Le capitaine hocha la tête d'un air buté. (Gracq, dans le Lexis.)

Les deux ruraux hochaient la tête en signe de refus. (Maupassant, dans le Trésor.)

Jerphanion écoutait sans interrompre, hochant la tête d'un air de compréhension sympathique. (Romains, dans le Trésor.)

M. Rambout hocha la tête; mais je ne sus pas si c'était en signe d'incrédulité ou d'admiration. (Bosco, dans le Trésor.)

... je devais la voir à une soirée donnée par Gilberte [...] hochant la tête, serrant la bouche... (Proust, dans le Trésor.)

Le Trésor relève aussi l'emploi intransitif, hocher de la tête (Académie 1935). Il n'en propose cependant pas d'exemple.

Line Gingras
Québec

« Vu d'ailleurs » : http://www.ledevoir.com/2007/03/30/137525.html 

30 mars 2007

Manquer quelqu'un

Manquer à quelqu'un, manquer quelque chose, manquer quelqu'un; to miss someone or something; grammaire française; syntaxe du français; anglicisme; calque de structure.

« Le Bloc québécois va le manquer. Il était bien plus que le numéro deux du Bloc. Il en était le pilier. Celui sur lequel un chef peut compter pour ternir le fort quand il doit s’abstenter. » (Michel C. Auger.)

D'après les quatre ouvrages québécois que j'ai consultés, soit le Multidictionnaire, le Chouinard, le Colpron et le Dagenais, on commet un anglicisme en employant manquer quelqu'un ou quelque chose dans le sens de « regretter son absence ».

Pour rendre l'idée qu'un homme s'est ennuyé d'une femme, on dit en anglais he missed her; mais en français, le sujet du verbe manquer doit être la personne (ou la chose) absente, et le complément doit répondre à la question à qui : Elle lui a manqué (et non pas il l'a manquée). Voyez encore ces exemples du Petit Robert :

New York leur manqua comme sa drogue à un intoxiqué. (Maurois.)
Ses enfants lui manquent.

Le calque de structure, fréquent dans l'Outaouais québécois et ontarien, peut être cause de malentendus : ainsi que le fait observer Dagenais, vous me manquez beaucoup n'est pas synonyme de je vous manque beaucoup, qui signifie normalement « vous vous ennuyez beaucoup de moi ».

La phrase à l'étude aurait pu se lire :

Le Bloc québécois va le regretter.

Line Gingras
Québec

« Michel Gauthier » : http://blogues.cyberpresse.ca/mcauger/?p=606140889#more-6...

29 mars 2007

Ils se sont échangés des propos

S'échanger des propos; échanger des propos; accord du participe passé du verbe pronominal; grammaire française; syntaxe du français; orthographe d'accord.

« L'assistante chiropraticienne et le chauffeur se sont alors échangés des propos aigres-doux... » (PC.)

D'après ce que j'ai vu dans les onze ouvrages consultés - aux articles « échanger » et « propos » -, le verbe échanger, au sens de « se faire des envois, des communications réciproques de (choses du même genre) » (Petit Robert), s'utilise à la forme active :

Ils ont échangé des lettres. (Petit Robert.)

Échanger des sourires, des idées, des injures. (Trésor de la langue française informatisé.)

Elles échangèrent un flamboyant regard. (Zola, dans le Trésor.) 

Nous avons échangé nos points de vue. (Lexis.)

Ils déjeunèrent en tête à tête, échangèrent leurs manières de voir... (Maupassant, dans le Trésor.)

On échangeait à table, ou après dîner, dans les coins, des expressions très peu propres à former l'oreille d'une enfant. (Boylesve, dans le Colin.)

Échanger des propos. (Petit Robert, Trésor.)

Ils ont échangé quelques propos anodins. (Multidictionnaire.)

Il a échangé avec moi quelques propos. (Hanse-Blampain.)

C'est uniquement avec pour sujet un nom de chose désignant ce qui est échangé que je l'ai rencontré à la forme pronominale; il s'agissait donc d'un pronominal passif :

Notre conversation s'échangeait de châlit à châlit. (Hériat, dans le Colin.)

Leurs propos s'échangèrent à voix basse. (Toepffer, dans le Trésor.)

L'emploi du pronominal réciproque, dans la phrase à l'étude, me semble abusif; si l'on tenait absolument à le conserver, il faudrait en tout cas laisser le participe passé invariable, étant donné qu'il y a un complément d'objet direct (ils ont échangé quoi? des propos) et que celui-ci est placé après le verbe.

Je trouve plus simple d'écrire :

L'assistante chiropraticienne et le chauffeur ont alors échangé des propos aigres-doux...

Line Gingras
Québec

« Une passagère est expulsée d'un autobus pour la seconde fois en une semaine » : http://www.ledevoir.com/nouvelles-en-continu.html#ID:2038...

28 mars 2007

Les soupçons qui pèsent contre elle

Peser sur quelqu'un; peser contre quelqu'un; les soupçons qui pèsent contre quelqu'un; les soupçons qui pèsent sur quelqu'un; sur ou contre; préposition; grammaire française; syntaxe du français.

« Même s'ils avaient en poche un accord avec Québec, les avocats de Myriam Bédard devraient encore convaincre les autorités américaines d'accepter l'entente lors d'une audition, prévue pour vendredi, portant sur les soupçons de rapt d'enfant qui pèsent contre elle. » (PC.)

Faut-il écrire qui pèsent sur ou qui pèsent contre? Sur les onze ouvrages consultés, trois seulement fournissent des exemples utiles :

Soupçon, accusation qui pèse sur quelqu'un, qui le concerne, le vise. (Lexis.)

Comment pouvez-vous faire peser sur moi un aussi injurieux soupçon? (Hébert, dans le Lexis.)

Je me rends parfaitement compte des soupçons qui pèsent sur moi. (Leroux, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Les charges qui pèsent sur lui sont accablantes. (Petit Robert.)

Personne n'ignorait que des charges accablantes pesaient sur un garçon boucher de dix-neuf ans, nommé Lecœur. (A. France, dans le Trésor.)

Toutes les anciennes charges qui pesaient contre Dreyfus s'évanouissent à l'examen. (Martin du Gard, 1913, dans le Trésor. Le jugement prononcé contre Dreyfus a été cassé en 1906.)

À la lumière de ce qui précède, je conseillerais (sans trop insister) d'écrire les soupçons qui pèsent sur elle plutôt que les soupçons qui pèsent contre elle. Dans la phrase de Martin du Gard, ci-dessus, l'emploi de contre pourrait s'expliquer par le fait que les anciennes charges qui pesaient contre Dreyfus avaient entraîné, plusieurs années auparavant, la condamnation de l'accusé. Dans la phrase à l'étude, la préposition sur donnerait à l'énoncé un ton plus neutre qui me paraît approprié.

Line Gingras
Québec

« Les avocats de Myriam Bédard cherchent à s'entendre avec Québec » : http://www.ledevoir.com/2006/12/28/125983.html

26 mars 2007

Son approche à la question

Approche à, approche de; le complément du nom approche; grammaire française; syntaxe du français.

« Un phénomène, l'Action démocratique? Sans doute, surtout si on tient compte du relatif anonymat et de l'inexpérience de son équipe, de l'ambiguïté persistant autour de son programme et de son approche à la sempiternelle question nationale. » (Jean Dion.)

D'après ce que j'ai pu voir dans les onze ouvrages consultés, le substantif approche, au sens de « manière d'aborder un sujet, un problème » (Lexis), « façon d'aborder une question quant au point de vue et à la méthode » (Hanse-Blampain), introduit toujours son complément au moyen de la préposition de :

Cet ouvrage est simplement une approche de la question. (Lexis.)

L'approche sociologique d'une étude littéraire. (Petit Robert.)

Les nouvelles approches de la littérature. (Colin.)

Une nouvelle approche de la littérature classique. (Girodet.)

Serait-il réélu? À l'échelle du canton ce serait une bataille d'approche de l'élection législative... (Aragon, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Line Gingras
Québec

« Le phénomène ADQ » : http://www.ledevoir.com/2007/03/24/136574.html

25 mars 2007

Inspirer quelqu'un à faire quelque chose

Inspirer quelqu'un à + infinitif; grammaire française; syntaxe du français.

« Mais pour cela, il faut du temps. Du temps pour les jeunes femmes de terminer leurs études. Acquérir des compétences. Et en inspirer d'autres à faire comme elles. » (Agnès Gruda.)

« ... M. Cameron a fait un discours important disant qu’on "ne peut pas intimider les gens jusqu’à ce qu’ils se sentent Britanniques, nous devons les inspirer à le devenir". » (Michel C. Auger.) [« We can't bully people into feeling British - we have to inspire them. »]

Selon les dictionnaires généraux que j'ai sous la main, quelque chose ou quelqu'un peut inspirer quelqu'un ou quelque chose, ou inspirer quelque chose à quelqu'un :

Les paysages de Provence ont beaucoup inspiré Cézanne. (Petit Robert.)

Les intentions qui inspirent un acte. (Petit Robert.)

Elle savait n'avoir jamais inspiré qu'une admiration respectueuse et craintive. (Blais, dans le Lexis.)

Cette scène inspire du chagrin à Nadia. (Multidictionnaire.)

La République ne lui inspirait que du dégoût. (Beauvoir, dans le Lexis.)

Le projet lui fut inspiré par un conseiller bien intentionné, mais maladroit. (Lexis.)

... elle vous inspire une poésie exquise et vraie qui remplit vos lettres. (Hugo, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

On peut aussi s'inspirer de quelque chose pour + infinitif :

Il s'est manifestement inspiré de la traduction pour faire cette version latine. (Lexis.)

Le Trésor signale inspirer de + infinitif :

Bel obstacle que l'ignorance, lorsqu'un sang généreux, à chaque battement du cœur, inspire de tout sacrifier à ce qu'on ne connaît pas! (Bernanos.)

Aucun des onze ouvrages consultés, cependant, ne reçoit la construction inspirer quelqu'un à faire quelque chose. Je reformulerais peut-être de cette manière le premier exemple à l'étude :

Mais pour cela, il faut du temps. Du temps aux jeunes femmes pour terminer leurs études. Acquérir des compétences. Et en inciter d'autres à faire comme elles.

En ce qui concerne le second exemple, je proposerais :

... on ne peut pas forcer les gens à se sentir Britanniques - nous devons / il faut les inciter à le devenir.

... on ne peut pas forcer les gens à se sentir Britanniques - nous devons / il faut leur en inspirer le désir.

Il y a d'autres possibilités, bien entendu.

Line Gingras
Québec

« La petite fille qui ne sourit pas » : http://www.cyberpresse.ca/article/20061217/CPOPINIONS/612...

« Accommodement à la britannique » :
http://www.cyberpresse.ca/article/20070128/CPBLOGUES07/70...

24 mars 2007

Influer le cours des choses

Influer, influer sur; influer + complément d'objet direct; grammaire française; syntaxe du français.

« Alors, quand peut-on vivre avec la conscience d'être membre du corps social et avoir le sentiment aigu d'influer le cours des choses sinon dans ce geste unique de voter... » (Denise Bombardier.)

D'après ce que j'ai vu dans les douze ouvrages consultés, le verbe influer ne s'utilise jamais avec un complément d'objet direct; il est plutôt suivi de la préposition sur :

Le contexte économique influe sur la performance de l'entreprise. (Multidictionnaire.)

La maladie a influé sur son caractère. (Lexis.)

Une telle intervention peut influer sur le verdict. (Girodet.)

Tes pensées d'avant le sommeil influent sur tes rêves. (Romains, dans le Petit Robert.)

Les réflexions venimeuses qu'ils échangeaient allaient influer sur le cours de leurs vies respectives. (Aymé, dans le Lexis.)

L'hormone de la glande surrénale (adrénaline) influe sur la pression artérielle... (J. Rostand, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Plus tard, Duroc eût encore influé sur d'autres grands événements... (Las Cases, dans le Trésor.)

Je vois dans quel sens très heureux Verhaeren a influé sur toi. (Rivière, dans le Trésor.)

Le Trésor signale d'autres constructions possibles, mais peu courantes.

Line Gingras
Québec

« Un geste lourd de sens » : http://www.ledevoir.com/2007/03/24/136503.html

23 mars 2007

Après l'Arménie, la Russie?

« C'est devenu une détestable habitude. Après l'Arménie, la Géorgie, la Lituanie, la Moldavie et l'Ukraine, sans oublier le géant anglo-néerlandais Shell, la Russie use de nouveau de ses ressources naturelles comme de forceps. Sa dernière cible? La Biélorussie. Le but? Retrouver la grandeur d'antan. » (Serge Truffaut.)

L'énumération introduite par après semble jouer le rôle de complément circonstanciel de temps du verbe user, mais ce n'est pas le cas : l'Arménie, la Géorgie, etc. n'ont pas fait ce qu'on paraît leur reprocher, soit user de leurs ressources naturelles comme de forceps - avant que la Russie ne le fasse à nouveau. D'après le contexte, on a voulu dire plutôt, à mon avis :

Après l'avoir fait à l'endroit de l'Arménie, de la Géorgie, de la Lituanie, de la Moldavie et de l'Ukraine, sans oublier le géant anglo-néerlandais Shell, la Russie use à nouveau de ses ressources naturelles comme de forceps.

* * * * *

« ... le groupe anglo-néerlandais a opté pour la deuxième option. »

... le groupe anglo-néerlandais a opté pour la deuxième possibilité.

Line Gingras
Québec

« Les forceps russes » : http://www.ledevoir.com/2006/12/30/126138.html

18 mars 2007

Supputer sur les chances

Supputer les chances, supputer sur les chances; supputer, verbe transitif ou intransitif; une fois pour toute ou une fois pour toutes; grammaire française; syntaxe du français; orthographe.

« On supputait sur les chances des uns et des autres d’accéder au conseil des ministres. » (Pierre Cayouette.)

D'après le Petit Robert, le Multidictionnaire, le Lexis, le Girodet et le Trésor de la langue française informatisé, supputer est un verbe transitif :

Supputer ses chances. (Petit Robert.)

Ils supputent leurs chances de succès. (Multidictionnaire.)

Supputer l'effort à fournir, ses chances; supputer les conséquences, les risques de quelque chose. (Trésor.)

Ils étaient, les uns comme les autres, à supputer les chances de la royauté. (Aragon, dans le Lexis.)

Un tailleur, en vous voyant, suppute instinctivement l'étoffe de votre habit. (Proust, dans le Petit Robert.)

Je suis en train de supputer mes profits et pertes de cette semaine... (Dumas père, dans le Trésor.)

Nous supputions à présent le temps nécessaire à l'aller et au retour... (Pesquidoux, dans le Trésor.)

Un astronome qui suppute l'existence d'un astre dont il ne perçoit pas encore directement les rayons. (Gide, dans le Trésor.)

Le Trésor relève un exemple où l'objet de l'évaluation marquée par le verbe supputer est introduit au moyen de la préposition sur :

D'aucuns se lèvent la nuit pour mesurer la force du vent au rayonnement des étoiles, pour relever leur direction ou supputer sur leur hauteur. (Pesquidoux.)

Je crois néanmoins, comme les autres ouvrages consultés ne reçoivent pas cet emploi et comme le Trésor donne le verbe supputer uniquement pour transitif, qu'il vaut mieux construire le complément de façon directe :

On supputait les chances des uns et des autres d’accéder au conseil des ministres.

* * * * *

« Pour en finir une fois pour toute_ avec cette comparaison idiote... »

Vérification faite dans le Petit Robert, le Multidictionnaire, le Hanse-Blampain, le Lexis et le Trésor, la locution adverbiale une fois pour toutes s'écrit avec un s à toutes :

Je vous le dis une fois pour toutes, ne venez plus me déranger. (Lexis.)

On se met à rêver tout éveillé qu'on est couché une fois pour toutes dans sa fosse... (Mille, dans le Trésor.)

Line Gingras
Québec

« PQ 1976 - ADQ 2007 : la comparaison qui tue... » : http://forums.lactualite.com/advansis/?mod=for&act=di...

13 mars 2007

Débuter avec

Débuter avec ou débuter par; to begin with; choix de la préposition; grammaire française; syntaxe du français; calque de l'anglais; anglicisme.

« L'attaque canadienne avait débuté avec un assaut lancé par des blindés dans ce qui est considéré comme un bastion de la rébellion talibane. » (PC.)

J'ai consulté treize ouvrages à l'article « débuter »; d'après les résultats de mes recherches, le verbe s'emploie avec la préposition par afin d'introduire le premier élément, la première partie de quelque chose :

Le film débute par une scène très amusante. (Multidictionnaire.)

Cet écrivain débute par un excellent roman. (Dagenais.)

Le rapport du président débutait par un éloge du secrétaire général. (Berthier et Colignon.)

Le motif en notes détachées, par lequel débute l'allégro. (Berlioz, dans le Petit Robert.)

L'échec provisoire par lequel toutes les hautes entreprises débutent. (Cocteau, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

J'ai relevé un exemple où le verbe est suivi de la préposition avec - devant un complément qui renseigne sur la forme plutôt que sur le contenu :

Il débute avec un accent bas et tendre : - Mes biens [sic] chers amis, enfin, nous nous retrouvons! (Barrès, dans le Trésor.)

La construction débuter avec, dans la phrase à l'étude, me paraît le calque de to begin with.

Line Gingras
Québec

« Désertion? » : http://www.ledevoir.com/2006/12/30/126185.html

12 mars 2007

Elle se serait évitée tous ces ennuis

S'éviter des ennuis; accord du participe passé du verbe pronominal; grammaire française; syntaxe du français; orthographe d'accord. 

« Elle se serait évitée tous ces ennuis si, en apprenant le 14 décembre qu'elle était recherchée par la police de Québec, elle était revenue d'elle-même au pays. » (André Pratte.)

Le participe passé du verbe éviter, à la forme pronominale, ne s'accorde pas avec le sujet, mais avec le complément d'objet direct, pourvu que celui-ci précède le verbe :

Ces deux belles-sœurs se sont évitées pendant des années.

Elles ont évité qui? elles-mêmes - plus précisément, elles se sont évitées l'une l'autre. Le participe passé s'accorde avec le pronom réfléchi, se, qui représente les deux belles-sœurs. 

Elle ne se doute pas de tous les ennuis qu'elle se serait évités.

Elle aurait évité quoi? des ennuis, représentés par le pronom relatif que.

Il fallait donc écrire :

Elle se serait évité tous ces ennuis... 

Line Gingras
Québec

« La prison de Mme Bédard » : http://www.cyberpresse.ca/article/20070106/CPOPINIONS/701...

10 mars 2007

Entre ceci à cela, un dilemne?

Dilemme ou dilemneentre... à; orthographe; grammaire française; syntaxe du français.

« ... entre 10 à 15 % de la population québécoise adhère aux idées de ces deux partis. Dilemne. » (Paul Cauchon*.)

- Vérification faite dans le Petit Robert, le Lexis, le Multidictionnaire et le Hanse-Blampain, la préposition entre ne s'emploie pas avec à, mais avec et :

Il devait y avoir de cent à cent vingt-cinq personnes.
Il devait y avoir entre cent et cent vingt-cinq personnes.

- On écrit indemne, mais dilemme.

Line Gingras
Québec

* Le 26 février, au début de la campagne électorale, monsieur Cauchon écrivait cette mise en garde à l'intention des carnetiers québécois : « En tout cas sachez, blogueurs et blogueuses, que vous serez de plus en plus scrutés à la loupe. » Tant mieux.

« Le débat sur le débat » : http://www.ledevoir.com/politique/blogues/elections2007/2...

« Médias - Une campagne à l'heure d'Internet » : http://www.ledevoir.com/2007/02/26/132497.html

« Tant mieux! » : http://www.ledevoir.com/2007/02/26/commentaires/070226175...

09 mars 2007

Rendre public une politique

Public, dans l'expression rendre public; attribut du complément d'objet direct; accord du verbe avec son sujet; grammaire française; syntaxe du français; orthographe d'accord.

« Québec solidaire rend public sa politique familiale féministe » (Titre d'un article de l'agence Presse Canadienne.)

L'adjectif public n'est pas invariable dans l'expression rendre public; dans le cas présent, il doit s'accorder avec le complément d'objet direct, sa politique familiale féministe, dont il est l'attribut : à la forme passive, on écrirait sa politique familiale féministe est rendue publique. J'ai déjà abordé la question.

* * * * *

« Elles ont aussi déploré que le nombre de femmes candidates au sein des autres formations politiques n'aient pas augmenté depuis les élections de 2003. »

Le noyau du groupe sujet, le nombre de femmes candidates au sein des autres formations politiques, c'est le nombre. L'auxiliaire avoir doit donc s'accorder au singulier : n'ait pas augmenté.

Line Gingras
Québec

« Québec solidaire rend public [sic] sa politique familiale féministe » : http://www.cyberpresse.ca/article/20070308/CPACTUALITES02...

08 mars 2007

Où il ne sera pas question de la revanche des berceaux

À l'emploi de; donc et le participe présent marquant la cause; suivant, participe présent ou adjectif; revanche; anglicisme; grammaire française; syntaxe du français; orthographe.

« La protection de l'identité des agents à l'emploi de la CIA comme du Pentagone étant garantie par la loi, une enquête est donc ouverte afin de déterminer qui est à l'origine de cet acte criminel. » (Serge Truffaut.)

La locution à l'emploi de est un anglicisme; j'en ai déjà parlé ici.

* * * * *

La protection de l'identité des agents de la CIA et du Pentagone est garantie par la loi; on a donc ouvert une enquête...

La conjonction donc s'emploie très correctement, en l'absence de participe présent dans la proposition qui précède, pour indiquer la conséquence. Elle est superflue, toutefois, si l'on utilise déjà un participe présent afin de marquer la cause, comme c'est le cas dans la phrase à l'étude.

* * * * *

« ... dans son exposé final, le procureur fédéral a précisé que dans les jours suivants l'ouverture du dossier, sa certitude était la suivante... »

Il aurait fallu écrire dans les jours suivant l'ouverture du dossier, parce que nous avons affaire ici au participe présent, et non pas à l'adjectif. Comment en être sûr? Il suffit de remplacer le nom masculin jours, avec lequel devrait effectivement s'accorder suivant s'il était adjectif, par un féminin : ... dans les semaines suivant l'ouverture du dossier, et non pas suivantes l'ouverture.

Comment, par ailleurs, éviter la répétition? Je proposerais :

... il avait acquis une certitude...
... il était certain d'une chose...

* * * * *

« Cette attitude, à moins qu'elle ne change, est d'autant plus affligeante qu'avec Dick Cheney, nous sommes en présence d'un politicien habité par la revanche. »

Une revanche, d'après le Multidictionnaire, c'est le « fait de reprendre un avantage perdu »; j'ai consulté aussi le Petit Robert, le Lexis et le Trésor de la langue française informatisé, dont les définitions vont dans le même sens. On prend sa revanche, mais on est habité par un désir de revanche.

Line Gingras
Québec

« Les vices de Cheney » : http://www.ledevoir.com/2007/03/08/133951.html

28 février 2007

Attendre pour une chirurgie

Attendre pour quelque chose; attendre pour quelqu'un; to wait for something; to wait for somebody; anglicisme; calque de structure; grammaire française; syntaxe du français.

« Les 4671 enfants qui, hier à Montréal, attendaient pour une chirurgie*... » (Robert Dutrisac et Kathleen Lévesque.)

Aucun des ouvrages que j'ai consultés n'admet attendre pour suivi d'un nom (ou d'un pronom) désignant la chose ou la personne que l'on attend. Dans la langue courante, on attend quelqu'un, quelque chose :

Attendre sous un abri la fin de l'orage. (Petit Robert.)

Attendre une lettre, un coup de fil. (Petit Robert.)

Elle attend l'autobus. (Multidictionnaire.)

Attendre un bébé, attendre un heureux événement. (Hanse-Blampain.)

Alix et Isis attendaient avec lui l'arrivée du conférencier. (Vian, dans le Lexis.)

Attendre la rentrée des classes. (Trésor de la langue française informatisé.)

Attendre un miracle. (Trésor.)

Va... moi aussi j'ai cru qu'il fallait passer des nuits blanches à attendre l'inspiration. (Martin du Gard, dans le Trésor.)

La construction à l'étude me semble calquée sur l'anglais to wait for somebody, something.

Line Gingras
Québec

* Dominique demande, dans un commentaire, si l'emploi de « chirurgie », au sens d'« opération chirurgicale », ne devrait pas choquer. J'ai bien peur que oui...; mais nous verrons cela demain.

« Couillard accusé de négligence » : http://www.ledevoir.com/2007/02/23/132222.html

27 février 2007

Pas une cenne

« Le jour où un premier ministre fédéral donnerait ordre à ses fonctionnaires de couper les vivres au Québec et à ses citoyens, la repartie viendrait aussitôt : pas un cent de la TPS fédérale perçue par Québec ne serait remise à Ottawa... » (Jean-Robert Sansfaçon.)

Le verbe remettre a pour sujet pas un cent de la TPS fédérale perçue par Québec, dont pas un cent est le noyau; le participe passé doit donc s'accorder au masculin singulier : ne serait remis.

Dans la langue familière, au Québec et ailleurs au Canada, nous disons très souvent une cenne plutôt que un cent.

Line Gingras
Québec

« Beuuuh! » : http://www.ledevoir.com/2007/02/27/132645.html?fe=381&...

Décourager quelqu'un à faire quelque chose

Décourager quelqu'un à ou de faire quelque chose; préposition; grammaire française; syntaxe du français.

« ... la joueuse en cause a cependant interprété l'interdiction du voile comme une façon de décourager les musulmanes à jouer au soccer. » (Antoine Robitaille, avec Kathleen Lévesque et PC.) [Noter que la joueuse a 11 ans seulement.] 

On encourage quelqu'un à faire quelque chose :

Nous l'avons encouragé à continuer. (Lexis.)

J'encourage Iehl à écrire l'histoire de la formation du Jabiru. (Gide, dans le Trésor de la langue française informatisé.)

Décourager, cependant, se construit avec de :

Vous m'avez découragé de travailler. (Petit Robert.)

Pierre nous a découragés d'aller visiter cette exposition. (Multidictionnaire.)

* * * * *

Mon billet publié, je me rends compte que j'ai abordé la question il y a un peu plus de trois semaines. Tant pis, je vous trouve autre chose... 

Line Gingras
Québec

« Charest soutient l'interdiction du voile au soccer » : http://www.ledevoir.com/2007/02/27/132708.html?fe=382&... 

26 février 2007

Pas personne

Pas personne; grammaire française.

« Depuis qu'il a posé sa candidature à la direction du Parti québécois, André Boisclair a entretenu ce flou pour ne pas heurter personne. » (Bernard Descôteaux.)

D'après ce que je vois dans le Multidictionnaire, le Hanse-Blampain, le Colin et le Bon usage, il est tenu pour incorrect, dans la langue moderne, d'utiliser le pronom indéfini personne avec pas, à l'intérieur d'une même proposition; on aurait pu écrire :

... André Boisclair a entretenu ce flou pour ne heurter personne.

... André Boisclair a entretenu ce flou pour ne pas heurter qui que ce soit.

« C'est à ceux-là que s'adressait jeudi soir l'ancien chef Jacques Parizeau en invitant tous les souverainistes qui ont pu être déçus à un moment ou l'autre de ne pas abandonner leur parti. »

Les souverainistes n'ont pas été déçus de ne pas abandonner; on les invite, même s'ils ont été déçus, à ne pas abandonner.

« ... sa tentative des derniers jours de parler de consultation populaire plutôt que de référendum n'a fait qu'ajouter au flou et suscité des interrogations inutiles. »

... n'a fait qu'ajouter au flou et susciter des interrogations inutiles.

« L'adoption de la plateforme électorale péquiste aujourd'hui serait le bon moment pour adopter une position claire. »

... pour se donner une position claire.

Line Gingras
Québec

« Parler clairement » : http://www.ledevoir.com/2007/02/24/132354.html

25 février 2007

La sienne...

« Même si le jeune adversaire de M. Joli-Cœur, Pascal-Pierre Paillé, 28 ans, ne faisait manifestement pas le poids, l'assemblée de jeudi soir illustrait très bien ce qui sépare le "nouveau PQ" du PQ classique.

Quand il a expliqué aux militants pourquoi il sollicitait leur confiance, M. Joli-Cœur a parlé intensément et exclusivement d'indépendance. Après avoir fait état de ses préoccupations sociales, M. Paillé a conclu la sienne de la façon suivante : "Pour terminer, un petit mot sur la souveraineté." » (Michel David.)
 

À quoi peut bien renvoyer le pronom la sienne?

Vous n'avez pas trouvé dans ce qui précède? moi non plus. Mais on croyait avoir écrit, j'imagine, son allocution.

Line Gingras
Québec

« Le rebelle » : http://www.ledevoir.com/2007/02/24/132353.html

24 février 2007

Devoir + participe ou infinitif?

Devoir + participe passé; devoir + infinitif; grammaire française; syntaxe du français; orthographe.

« ... des esprits confus, fêlés serait le terme plus exact, pour lesquels rien de ce qui est du ressort de l'être humain ne doit nécessairement demeuré caché... » (Denise Bombardier.)

Lorsque devoir est suivi d'un autre verbe, celui-ci doit se mettre à l'infinitif (vous voyez bien) :

... rien de ce qui est du ressort de l'être humain ne doit nécessairement demeurer caché...

Line Gingras
Québec

« La fin des tabous? » : http://www.ledevoir.com/2007/02/24/132343.html